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  • : Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 20:18

J'écris ceci loin de Nankin. A Belfast, Irlande du nord, dans la nuit tombée, protégé dans le bureau collectif des thésards de l'université Queen's.

 

Je fais une thèse sur le récit de voyage contemporain et je pense à ce billet du 28 octobre 2005 sur la littérature de voyage. C'était il y a six ans et cela me paraît une éternité. A cette époque, je n'étais pas encore prêt à accepter les différences de genres littéraires, alors qu'aujourd'hui je suis délibérément investi dans le récit de voyage.

 

Ce petit billet, j'ai l'impression qu'il est au tout début de mon intérêt pour cette forme littéraire. Ce rejet, que j'y exprime, est en fait le début de ma conversion. 

 

Il m'a fallu un temps fou pour me rendre compte de l'intérêt intrinsèque de la littérature factuelle du voyage. Il m'a fallu passer par Nankin. 

Publié dans : nankinendouce
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Mardi 23 août 2011 2 23 /08 /Août /2011 22:43

On apprend sur son énième blog que Neige s'est mariée et qu'elle attend un enfant. Elle était enseignante dans le Shandong mais elle a choisi de revenir à Nankin.

 

Chose cocasse, elle et son mari ont choisi un appartement en construction dans la banlieue sud de Nankin, probablement proche de Jiangning, où j'ai travaillé une petite année avant de me rendre à Nanda.

 

Bonne chance pour la suite, Neige.

Publié dans : Femmes
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Mercredi 22 décembre 2010 3 22 /12 /Déc /2010 11:36

Nankin ne doit pas être opposé à Shanghai, mais à Pékin. La capitale du sud est le pôle fertile de la culture chinoise, où les choses poussent par le milieu.

La capitale du nord est le pôle aride, où la richesse est importée.

Nankin est la ville du plaisir et de la végétation. Pékin celle de la rigueur et du désert.

 

Sans vouloir être nationaliste, Nankin est la ville des Chinois, avec la dynastie Ming, la révolte des Taiping et avec la première république, le Dr Sun Yat Sen. Pékin, au contraire, est la ville des étrangers : les Mongols (la ville tartare), la dynastie Qing (Mandchous).

Publié dans : Pékin
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Jeudi 19 août 2010 4 19 /08 /Août /2010 13:25

L’armée japonaise était plus que l’alliée de la Wermacht. Il y avait entre l’Allemagne et le Japon des années trente de profondes similitudes. Entre autres liens, les Japonais avaient été très impressionnés par le fonctionnement de l’armée allemande et l’avait imitée sur de nombreux plans.

 

Or, à Nankin, vivaient des Allemands qui appartenaient au parti de Hitler. L’un d’eux est devenu très célèbre, et les Nankinois l’évoquent encore aujourd’hui. John Rabe, né en 1882, était un paisible nomade de l’industrie, comme l’Europe coloniale en faisait tant. Après quelques années en Afrique, il travailla pour Siemens à Nankin. Il dirigeait la branche locale du parti national socialiste. Ses hagiographes affirment qu’il n’adhérait qu’au projet “socialiste” du nazisme, non à la persécution des juifs.

 

Toujours est-il que cet homme va se servir des insignes nazi pour protéger des Chinois. Non seulement il étalera des drapeaux allemands pour que les avions japonais ne bombardent pas sa propriété, mais il utilisera son brassard nazi, son uniforme et son casque métallique à des fins pacificatrices. 

 

D’abord pour imposer le silence dans la panique générale qui régnait chez lui. Les Chinois criaient si forts qu’il mit son casque et hurla partout des ordres de se taire. Je ne sais pas en quelle langue, peut-être en allemand. J’aime imaginer ce vétérand, qui n’avait jamais fait la guerre et qui, habillé en SS, jouait son petit Hitler et vociférait pour que chacun reprenne son calme. Il continuera avec les Japonais, qu’il fallait traquer constamment lorsqu’ils violaient et tuaient aveuglément. En général, les Japonais avaient peur, et, donc, respectaient les Allemands.

 

Partout où John Rabe apparaissaient, les Japonais prenaient la fuite, c’est aussi une image cocasse de ce massacre. Les vainqueurs tout-puissants continuaient de craindre l’autorité d’un seul homme. En réalité, ils craignaient encore les puissances occidentales, et c’est pourquoi quelques dizaines d’Américains et d’Européens avaient créé une “Zone de sécurité” à Nankin, où ils avaient décrété que les militaires n’auraient pas le droit d’agir.

 

Curieuse guerre où, en plus des victimes et des bourreaux, se trouvaient une troisième instance, presque magique, les “Blancs”, les “Occidentaux”, nouvelle race d’intouchables, ou de demi-Dieux qui pouvaient imposer une zone franche. Ils se sont pris des coups, se sont fait menacer, ont risqué leur vie, bien entendu, mais ils avaient l’autorité d’aller engueuler des soldats qui violaient des fillettes.

 

Parmi eux tous, c’est le nazi Rabe qui avait le plus d’autorité et qui fut le grand héros de Nankin. Les Chinois firent de lui un “Bouddha vivant”. C’est ainsi que le nazisme qui est, à nos yeux, l’incarnation du mal, est devenu, à l’autre bout de l’Eurasie, un bouclier assez fort pour sauver des dizaines de milliers de vies humaines. C’est à Hitler que Rabe envoyait des télégraphes laissés sans réponse, pour demander que l’Allemagne fasse pression sur le Japon à des fins humanitaires!

 

Quand j’étais professeur à l’Université de Nankin, en 2005, on me fit savoir qu’une de mes étudiantes avait remporté un concours d’écriture avec une nouvelle mettant en scène un Allemand qui avait sauvé de nombreux Chinois lors du “Grand massacre de Nankin”. Je ne connaissais pas encore très bien cette étudiante, mais elle allait faire parler d’elle sur inernet quelques années plus tard. 

Publié dans : Idées
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Mardi 17 août 2010 2 17 /08 /Août /2010 13:22

Hiver 1937. La capitale de la jeune république de Chine se trouve à Nankin, non loin de Shanghai.

Les Japonais se sont préparés à la guerre depuis les humiliations qu’ils ont subies de la part des Occidentaux au XIXe. La nation japonaise est devenue profondément militariste, guerrière, nationaliste, prête à tout pour devenir la plus grande puissance asiatique.

 

Ils ont déjà battu la Chine lors de plusieurs conflits, et ils ont même battu les Russes, ce qui a défrayé la chronique occidentale. L’Asiatique peut battre le Blanc sur le terrain militaire.

 

En 1937, ils déclarent la guerre contre la Chine et la bataille de Shanghai commence. A surprise de l’état major nippon, Shanghai résiste. La Chine est plus difficile à conquérir que prévu. Shanghai tombée, les Japonais fondent sur la capitale et se livrent à un véritable carnage. Ils tueront et ils violeront sans discontinuer pendant des semaines, même et surtout lorsque la capitale sera tombée. C’est pourquoi une expression se fait jour pour décrire cet événement : le “viol de Nankin”.

 

Dans la suite de la guerre, jusqu’en 1945, il n’y a pas eu d’autres exemples d’une ville sur laquelle on s’acharna à ce point. Quand on lit les témoignages, non seulement des anciennes victimes, mais des Japonais eux-mêmes, militaires, repsonsables ou journalistes, et des quelques Occidentaux qui étaient encore présents sur place, on ne comprend pas ce qui s’est passé.

 

C’est peut-être pour cela qu’Iris Chang s’est suicidée en 2004, sept ans après avoir écrit The Rape of Nanking. Elle a passé des années à travailler sur son livre sans pouvoir comprendre comment des hommes pouvaient aller si loin dans l’horreur. Comment une armée peut, collectivement, agir non comme des bêtes, car les bêtes ne font jamais rien de tel, mais comme des malades, des fous furieux, et laisser libre cours à tout ce qu’une âme peut receler de sadisme ? 

 

Ils n’obéissaient pas à des ordres. Le chef de l’armée aurait, au contraire, voulu que les Japonais soient conquérants et irréprochables. Tout le monde croyait, d’ailleurs, et les Occidentaux les premiers, qu’une fois le pouvoir passé au Japon, les services, les industries et la sécurité n’en fonctionneraient que mieux.

Or, quelque chose d’obscur s’est déclenché chez les Japonais, quelque chose de trop fort pour eux, et ils humilièrent les hommes autant qu’ils le purent avant de les tuer. Et ils violèrent autant qu’ils purent, des petites filles aux vieillardes, et de la manière la plus grossière. Ils violèrent collectivement, insatiables, fascinés et incontrôlés.

 

Apparemment, c’est pour faire cesser cette folie sexuelle que le gouvernement japonais a créé un système de bordels militaires, avec des femmes coréennes par centaines de milliers, réquisitionnées pour la cause.  

Publié dans : Idées
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