Mon premier réflexe fut d’une grande sportivité, je tiens à le dire : « Chapeau bas, voisin ! », me disais-je. J’étais heureux pour lui et pour elle, mais inévitablement, je me retrouvais soudain plongé dans une solitude lourde à supporter. Un autre que moi se serait rué sur la première discothèque venue pour s’étourdir, voire pour trouver de la chair fraîche (quoiqu’à cette heure de la nuit, les filles les plus jeunes ne soient plus vraiment fraîches.) Pas moi. Je suis resté chez moi, j’ai pris une douche froide et me suis remis au lit.
Jamais autant que cette nuit-là je n’avais pensé que l’état de célibataire était douloureux, lamentable et misérable. Par un étrange renversement de perspectives, je me pris à vouloir m’attacher une femme, n’importe laquelle et à n’importe quel prix. C’est idiot, bien sûr, car les cris qui me faisaient penser à cela étaient incompatibles avec une vie rangée et petite-bourgeoise. J’étais sous le coup d’une illusion car il n’y a que le statut de célibataire qui permette d’amener chez soi de ces amazones à l’enthousiasme retentissant.
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