Dimanche 26 juin 2005
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Il est une chose remarquable, quand on y réfléchit (mais toute chose n'est-elle pas remarquable
quand on y réfléchit ?) c'est que tous les jeunes que l'on rencontre, les filles que l'on désire, les jeunes hommes avec qui on sympathise, nos
collègues et nos serveurs sont des enfants uniques.
Ils n'ont jamais connu autour d'eux, n'ont joué qu'avec et n'ont aimé que des enfants uniques. Ils parleront pourtant de certaines personnes comme étant leur soeur ou leur frère : c'est une
cousine, c'est un neveu. Ils achèteront un petit cadeau pour leur soeur : c'est une nièce. Les Français, dans leur précipitation analytique, en déduisent que cela exprime un manque. C'est
oublier qu'ils appellent "mon oncle" un peu n'importe qui de l'âge de leur père. Leur père qui, lui, a des frères et des soeurs.
Non, il vaut mieux reconnaître que, comme Dieu dont ils se passent sans drame, les Chinois n'ont pas besoin de frères et soeurs. Les enfants uniques occidentaux disent souvent qu'ils en auraient
voulu, mais c'est parce qu'ils sont des cas spéciaux et personne n'aime être différent pendant l'enfance. Petite Biche pleurait quand sa mère la menaçait de concevoir un petit frère.
Ning Shu parle des enfants d'aujourd'hui comme de petits empereurs.
Ils admettent aisément qu'ils sont plus égoïstes que les autres, chose qui ne m'a pas frappé. Petite Biche dit qu'ils ont reçu trop d'amour de leurs parents, mais peut-on recevoir trop
d'amour ?
Par Guillaume
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Publié dans : Amis
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Le lecteur de dvd tourne à plein régime. Tout y passe, des classiques jusqu'aux dernières
productions américaines. Sur le canapé deux places qui fait face à la
télévision, je me suis aménagé un petit coin où je me love, à renfort de coussins, à côté duquel s'entassent les objets qui accompagnent mes visionnages de dvd : livres, magazines, manuels
d'apprentissage du mandarin, photocopies, briquets, carnets, boîtes de cd. A l'occasion, une bassine accueille l'eau chaude qui réchauffe mes pieds, et l'ensemble de mon corps, par extension. A
ma droite, une petite table pour avoir à portée de main biscuits, tasse et théière, cendrier, bouteilles et verres, lamelles de ginseng et autres biens de consommations immédiats qui constituent
la totalité de ce qui peut s'ingérer et se digérer dans l'ensemble de mon logement. Une chaise pliante non loin, pour y poser mes pieds, un plat de nouilles ou mon ordinateur portable, et me
voilà équipé pour les plus longues soirées d'hiver. Une machine de guerre est ainsi construite, prête à en découdre avec le fatras culturel qui ne demande qu'à égarer l'homme
honnête.
Il est arrivé à Petite Biche de la démanteler partiellement pour s'asseoir à mes côtés.
Il n'est pas impossible que ce fût ce jour-là, mais pour une autre raison, ou pour une constellation de petites raisons, que je rompis avec elle.
Par Guillaume
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Dans les taxis, Luluc donne des directions à un chauffeur qui lui demande de répéter. Elle
sexécute et il commente : On ne ma jamais parlé de cette manière. Elle emploie un vieux mot pour désigner le parc, parce quelle trouve cela plus beau.
Par Guillaume
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Publié dans : Linguistique
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Les Chinois aiment la lune. Elle ressemble au visage de Petite Biche et à celui de bien
de jolies Chinoises. Elles est ronde, jaune tirant sur le blanc, elle n’éclaire rien d’autre qu’elle-même, elle a les traits fins, clairs à l’extérieur, confus à l’intérieur.
Ils aiment la lune car le soleil abîme la peau. Les Chinoises se promènent un parapluie à la main
en plein été. Quand elles l’oublient, les plus coquettes rasent les murs, à la recherche de l’ombre. Recherche de l’ombre et de la nuit qui me les rend si attachants.
Un ami m’avait dit un jour, à propos de mon amoureuse, qu’elle était belle comme le jour. Cela m’a
paru un beau compliment, immédiatement compris et admis. Qu’aurais-je pensé s’il m’avait dit : “Elle est belle comme la lune.” Qu’en penserait une Occidentale ? Ici, c’est vécu immédiatement
comme un beau compliment, poétique et même un peu cliché.
Le 28 septembre 2004, le quinzième jour du huitième mois lunaire, la Chine fêtait l’une de ses
trois fêtes importantes. Nous étions quelques-uns uns sans famille, à Nankin, alors nous allâmes, Français, Belges et Chinois, à la Montagne Pourpre et Or pour manger et boire, et pour regarder
la lune. Au sommet, nous escaladâmes des rochers et nous contemplâmes. Luluc et Mimic chantèrent La fameuse chanson : Yue Liang dai biao wo de xin. Elle dit à peu près cela : “Tu
veux savoir combien je t’aime et la profondeur de mon amour ? Regarde la lune, elle figure mon cœur.” Chez nous, cela voudrait dire que mon cœur est plein de tristesse, de froideur ou de douceur
maladive. Ici, je ne sais pas vraiment ce que cela veut dire.
Par Guillaume
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Publié dans : Amis
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