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  • : Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
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Dimanche 15 août 2010 7 15 /08 /Août /2010 13:14

Je ne savais pas que Le Viol de Nankin était un livre si récent et si important au regard de l’histoire. Je l’avais vu en version anglaise dans l’édition de poche de Penguin, dans une bibliothèque vieillotte, et je l’avais immédiatement classé parmi les classiques à lire un jour.

  

Je ne savais pas non plus qu’il n’avait été traduit en français que récemment. Comment a-t-on pu attendre ? Preuve supplémentaire que la Chine, son histoire récente, intéresse trop peu les Français.

  

En fait, il s’agit d’un livre paru en 1997, écrit par une Américaine d’origine chinoise dont les grands-parents avaient réussi à fuir Nankin avant que les Japonais ne la mettent à sac. Une femme qui, pour la conception de son ouvrage, a combiné les méthodes américaines du journalisme historique et la méticulosité nationaliste des Chinois. Mêlant une énergie effroyable dans l’accumulation des données, à un angle de vue étroit et hégémonique, elle a construit un livre qui a pour but de rester dans l’histoire. Un livre qui impose sa présence parce qu’il n’a oublié aucun aspect de ce qui fait un grand livre, selon ce qu’on enseigne dans les universités américaines.  

  

Personne avant elle n’avait réuni tant d’informations, de témoignages, de lectures, de talent d’écriture, pour qu’un événement échappe à l’oubli.

  

Enfin, elle l’a écrit comme une œuvre littéraire. Non pas un roman, pas une fiction, mais un essai écrit dans un souci de construction esthétique qui aboutit à l’effet le plus poignant possible. L’effet recherché est celui d’une tragédie, qui remue le lecteur dans ses fondations morales et esthétiques.

  

Alors qu’elle dénonce amplement les Japonais pour leurs crimes, c’est d’un Japonais qu’elle s’inspire pour la construction de son ouvrage. Le cinéaste Kurusawa lui fournit donc la méthode narrative pour raconter le grand massacre de Nankin. Comme dans le film Rashomon, le récit raconte le même événement selon les points de vue des victimes, des bourreaux et des étrangers.

 

Quelques années après avoir écrit cette plongée dans l’horreur de 1937, Iris Chang s’est donné la mort en Californie.

 

 

 

Publié dans : Idées
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Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 14:56

Soldat Ming

 

Après la prise du pouvoir des Taiping, puis de leur massacre par les troupes impériales, Nankin n'était plus qu'un champ de ruine.

Heureusement, on découvrait à peine les sculptures qui forment aujourd'hui l'Allée des esprits. Elles ont pu être protégées. C'est à cette époque de reconstruction que le photographe écossais a voyagé sur toute la façade orientale de la Chine.

Dans ce cliché de John Thompson, que j'ai photographié à Liverpool, on voit mieux la monumentalité des sculptures. Aujourd'hui le promeneur doit faire un plus gros effort de l'imagination pour y voir de la grandeur et de la solennité.

 

 

Publié dans : Montagnes / Pierre
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Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /Nov /2009 13:37

Dans la suite des projets de livres qui traversent mon imagination, j’en ai vu arriver un qui m’a paru grandiose. Un récit croisé de la vie à Nankin (Chine) aujourd’hui et des débuts de la république chinoise, à Nankin eux aussi. Pour le dire autrement, et pour pasticher l’auteur dont je parle dans le billet précédent, je présenterais les choses ainsi :

Le projet vaste et confus d’écrire l’histoire de la république chinoise du point de vue du lac des Nuages Pourpres, ou pour le dire autrement, ce qui reviendrait au même sous l’angle de la confusion et de l’amplitude, de parler du lac des Nuages Pourpres du point de vue présumé du père de la république Dr. Sun Yat Sen.

Cela fait plusieurs fois que des idées de livres, basés sur mes écrits bloguesques et sur ce que je n’avais pas encore écrit, m’apparaissent comme des épiphanies. Une fois, j’avais inventé un plan digne de James Joyce extrêmement ambitieux et, avec le recul, assez faisable pour quelqu’un qui n’aurait pas trop de problème de concentration. Chaque chapitre était construit autour d’une femme, un quartier de la ville, une couleur, un art, etc., ainsi que Joyce l’a fait  pour les chapitres de Ulysses. J’en fis aussitôt la critique.

Un peu plus tard, je songeai à une structure hiératique qui n’aurait consisté qu’en des noms de femmes. Chaque chapitre eût été sous la domination tonale et affective d’une femme, ce qui était fidèle à l’impression laissée en moi par la ville de Nankin. Féminine, sensuelle, intellectuelle, inspirante, nourrissante, douce au contact, Nankin garde dans ma mémoire cette image de femme peu fardée mais qui sait marcher avec élégance.

Or je ne sais pas quelle lecture m’a donné l’envie de faire un autre livre. Soit La Clôture dont je viens de pasticher le début, soit un livre de Lacarrière, soit le dernier Blas de Roblès, soit encore Julien Gracq dont je feuillette inlassablement le tome 2 de ses oeuvres en Pléiade. Je le ressens ainsi, l’une de ces quatre lectures, ou la méditation de l’une de ces lectures, dans le jardin de Tullyquilly, m’a présentée comme une évidence ce nouveau projet.

Nankin étant devenue la capitale de la Chine républicaine, elle regorge de lieux très significatifs pour l’histoire de la Chine. Surtout pour cette période trouble qui s’étend de la chute de l’Empire (1911) à la proclamation de la république populaire (1949). N’oublions pas que c’est parce que Nankin était la capitale du pays (pour la sixième fois de son histoire) que les Japonais se sont livrés à leur fameux massacre, en 1937. D’ailleurs, pour revenir à la notion de féminité, ne dit-on pas en anglais The rape of Nanjing pour désigner ce massacre ?

Quelques lieux fondamentaux de cette période auraient articulé le récit :

Le Palais du Président, où les souvenirs de Sun Yat-Sen sont poignants. Petit bureau charmant, modeste, avec vue sur un mur blanc : métaphore presque trop belle pour être vraie de la véritable puissance qu’avait alors le président. Son action se heurtait à un mur, ainsi que sa perception du pays. Tout lui échappait, et la Chine était en folie pure. Albert Londres le dira, dix ans plus tard, ce pays est si incompréhensible que c’en est hilarant : « aller en Chine, dit-il en substance, c’est comme manger du haschich », car il est impossible de rien comprendre. Tous les régimes cohabitent, la république et son président, mais aussi un empereur, ainsi que des seigneur locaux. Bref c’est l’anarchie, et c’est dans cet affaiblissement de l’unité nationale que les Ouïghours et les Tibétains prennent leur distance avec le pouvoir central. Les Ouïghours déclarent l’indépendance du Turkestan oriental, et les Tibétains ne déclarent rien du tout car ils sont plus ou moins autonomes de toute façon.

C’était un de mes endroits préférés de Nankin. J’y allais souvent. C’est ici, dans les beaux jardins du Palais du Président, que j’ai emmené Mimique et Xu Ning Shu, pour faire des vidéos sur les hommes et les femmes. Et aussi sur l’eau et les pierres.

 

 

Le Mémorial Zhongshan Ling, que je n’ai jamais beaucoup aimé, mais qui est un must touristique pour les visiteurs chinois. C’est là que repose Sun Yat-Sen et c’est là qu’on vient se souvenir de lui, tout en haut d’un des sommets des montagnes Pourpres et Or, à l’ouest de la ville.

Le Lac des Nuages Pourpres, dont j'ai tant parlé qu'il est inutile d'y revenir.

C'était à l'origine un réservoir creusé dans les années trente pour approvisionner la ville d'eau potable. Ce lac qui est devenu l'expression la plus élémentaire et la plus forte de l'esthétique d'une existence à la chinoise, est directement lié à une problématique fondamentale de l'histoire de la république : le pays développa un peu partout des projets d'ingénierie importants, avant que le délire maoïste fasse tout cesser. Avec Mao, la Chine passa d'un tropisme technocractique à un lyrisme dévastateur. Le lac des nuages pourpres est à la fois lyrique et issu de l'ingénierie. Mais j'en rapproche l'origine des travaux de constructions, de canaux et de routes, que décrit P.-E. Will dans ses cours au Collège de France.

Le musée du massacre de Nankin

Cela ne nécessite aucun commentaire.

Le carrefour Xinjiekou et la rue Zhong Shan lu

Aujourd'hui encore, il s'agit du centre commercial, donc vital, de la ville. Mais on oublie qu'il a été créé dans les années 20, et qu'il était élégant, avec des avenues plantées de platanes, etc.

Publié dans : Livres
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Mercredi 5 août 2009 3 05 /08 /Août /2009 10:22
Lisant le joli livre de Catherine Cusset, New York journal d'un cycle, qui entremêle les promenades à vélo et les questions de cycles menstruels, je m'aperçois qu'un journal de Nankin pourrait avoir avoir sa place dans la collection qui accueille ce texte.

Il s'agit de la collection "Traits et Portraits", dirigée par Colette Fellous qui, si je ne m'abuse, produit aussi l'émission "Carnets nomades" sur France Culture.

Une collection qui propose des auteurs d'un incroyable pédigrée. Outre Catherine Cusset, on y trouve jean-Christophe Bailly, Pierre Guyotat, Jean-Marie Le Clézio, Richard Millet, Marie N'Diaye, le fameux Voix off de Denis Podalydès, et j'en passe. Des gens très célèbres et qui se sont déjà fait un nom. "Traits et Portraits" n'est certes pas un lieu de découvertes de nouveaux talents.

Bah, Nankin en douce n'est qu'un blog et le restera sans doute. Mais les rêveries passagères qui consistent à l'imaginer renaître sous forme de livre ne sont pas inutiles. Elles permettent de s'y rendre de temps en temps, de corriger des pages, de réécrire des passages, d'opérer des brins de toilette.

Et puis, je m'aperçois que dans la masse de livres publiés chaque année sur la Chine, il n'y a pas de récit un peu intimes et un peu réflexifs sur une ville de province. Les livres qui nous sont proposés sont généralement des essais, des guides, des reportages, et sont le fait de brillants personnages basés à Pékin ou Shanghai, et qui font des incursions dans le pays. Ceux qui ont vécu dans le pays, loin des côtes et du pouvoir, restent souvent muets.
Publié dans : Livres
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Lundi 26 juin 2006 1 26 /06 /Juin /2006 12:03

Voilà, comme annoncé, le dernier article de Nankin en douce.

Nankin en douce, c’était le désir de donner « en douce », à la dérobée, une image de la douceur de vivre. Je vais attendre de voir ce que Shanghai va m’inspirer. Si Shanghai m’inspire.

Je vous remercie d'avoir lu et, parfois, commenté ce blog. Je vais continuer à lire ceux qui écrivent en ligne, et vous souhaite une bonne route.

 

Par Guillaume - Publié dans : Blog
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