Quand on dit Hong Kong, le voyageur mal réveillé pense automatiquement "grande ville", "New York chinois", "tours immenses", "centre financier", et il n'a pas tort. Les Chinois du continent pensent automatiquement "shopping", "marchés de nuit", "marques de luxe". Ils n'ont pas tort non plus. (L'idée qu'on puisse aller à Hong Kong pour se promener sans rien acheter ne leur traverse pas l'esprit et le fait que vous ayez cette intention vous rend suspect d'abriter je ne sais quelle perversion.)
Pourtant, quand on dit Hong Kong, on devrait aussi penser aux plages, à la végétation luxuriante, à tous les paysages montagneux dans lesquels je me promène sans me lasser depuis une semaine. Hier, pour ne parler que d'hier, je me suis baigné deux fois dans la mer, une fois sur un plage bien fréquentée, une autre fois dans une crique où j'étais seul. Je n'avais plus qu'à prendre un Ferry pour me retrouver, moins d'une heure plus tard, dans la ville la plus moderne de Chine.
J'ai toujours eu ce fantasme, dans les villes, de pouvoir en quelques minutes, derrière cette colline, au-delà de cette rivière, me retrouver dans la plus inculte des cambrousses. Je cherchais des chemins de randonnée à l'ouest de Lyon et je plantais ma tente dans les Monts du Lyonnais ; nous traversions le Neckar à Heidelberg, avec Benoit, pour monter le Philosophenweg ; je remontais le cours de la Liffey, à Dublin, pour tenter de m'y baigner à hauteur de Strawberry Beds. J'aime les villes pour ce qu'elles offrent de nature autour d'elles. Hong Kong, pour cela, est un enchantement.


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