Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Une étrange mélancolie se dégage du visage et des manières de la femme du patron de l'auberge de Zhongdian. Elle promène sa silhouette garçonne en réprimant toute sensualité féminine. Une droiture dans le maintien qui s'apparente à de la raideur, comme si elle se sentait observée à chaque instant. Elle passe, le long des murs, comme un fantôme. Elle est pourtant bien de sa personne. Elle vient d'une province assez riche, a fait des etudes a Pekin et y a travaillé. Elle est restée quinze ans a Pekin, avant de voyager dans le monde. Elle a passé un an en Angleterre et maintenant, la voila au fin fond du Yunnan. Elle ne s'y plaît pas tant que cela. C'est le genre de personne qui ne se plaît pas beaucoup à l'endroit ou elle se trouve.
C'est en parlant avec elle que j'ai decidé de la suite de mon intineraire. Mimique voulait revenir des montagnes de l'ouest, puis retourner dans la direction de Lijiang pour visiter les "Gorges du Tigre bondissant". Moi, je preferais continuer le voyage dans la direction de Chengdu, au nord, puisque c'est là que je prendrais l'avion pour Nanjing. Cela signifiait plusieurs jours de bus et un arrêt dans un lieu de montagnes enneigées, à Yading. D'ailleurs, la patronne, quand je lui demande son avis, préfère Yading aux "Gorges du tigre bondissant".
L'idée de partir seul ne me deplaît pas, car je ne voudrais pas être un poids pour Mimique. Souvent, les Chinois n'imaginent pas que vous puissiez vous débrouiller seul, si vous ne parlez pas bien chinois. La patronne elle-meme m'a dit d'attendre Mimique, qu'il parlait chinois et que ce serait plus facile. Rien de tel pour me convaincre de partir seul.