Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
L’épisode des Français déçus par le Yunnan est entré en résonance, dans mon esprit, avec l’opinion d’amis qui n’avaient pas adoré la Chine quand ils étaient venus. Je crois que cela vient du temps que l’on passe dans un endroit. Si, comme les Européens salariés en vacances, je devais passer deux semaines en Chine, et que pour cette raison je m’obligeais à couvrir beaucoup de villes et de sites, afin de rentabiliser mon investissement, je serais, sinon déçu, en tout cas peu impressionné. Il ne s’agit pas de rester un an partout où l’on passe, mais parfois quelques jours de plus que ce qu’accorde la plupart des gens suffisent pour sentir un lieu, pour en connaître la pulsation sous le flux des visiteurs. Prendre le temps de revoir un visage ou un temple, de retourner dans un même restaurant, cela peut faire une énorme différence. Voir deux fois la danse tibétaine de Zhongdian, même deux soirs de suite, cela permet de se rendre compte de certains invariants, de distinguer les habitués, les habitants et les touristes, d’entrer un peu dans quelque chose d’humain au lieu de rester sur le plan du spectacle et de la consommation. Mes touristes français auront vu, de Zhongdian, à peu près les mêmes choses que moi, mais le temps leur a manqué. Ils en garderont une image choquante, désagréable, par manque de temps.