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Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.

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Wang Xizhi

Quelques jours avant noël, un étudiant m’offre une calligraphie.

« -C’est dans le style de Wang Xizhi. Peut-être connaissez-vous Wang Xizhi ?

-Oui, je crois.

-C’est un artiste célèbre en Chine. 

-Ah ? Bien. »

Je l’ai remercié chaleureusement (je lui ai serré la main, c’est chez moi le signe de la plus excessive chaleur humaine.) Je ne connaissais pas Wang Xizhi. L’espace d’une seconde et demie, j’avais confondu son nom avec celui d’un philosophe du douzième siècle, c’est assez dire l’étendue et la netteté de mon érudition.

Toi-même, lecteur, peut-être ne connais-tu pas non plus Wang Xizhi, et qui t’en voudrait ? MOI, je t’en voudrais, maudit lecteur ! Comment peux-tu prétendre t’intéresser à la Chine sans avoir entendu parler du plus grand calligraphe de tous les temps ?

Et moi, comment puis-je regarder mes étudiants dans les yeux ? Avoir la prétention vertigineuse de leur enseigner quelque chose ? Comment peuvent-ils avoir confiance en mon jugement, continuer à dire autour d’eux que leur professeur français est « un grand savant » ? Ils sont polis avec moi, plein d’égards et m’écoutent avec une attention intense ; ils m’appellent « Professeur » et j’ignore tout de Wang Xizhi… Un Chinois qui vient en Europe pourrait-il ignorer Racine, Mozart ou Leonard de Vinci ?

Wang vivait au quatrième siècle après JC. Natif de la province du Shandong, au nord du Jiangsu, il a mis au point une forme de calligraphie « courante », le style xingshu. Son écriture était si souple et si brillante que ses contemporains furent impressionnés. Un peu plus tard, les lettrés de la dynastie des Tang furent, eux, subjugués par la beauté de son style. Depuis les Tang, Wang Xizhi est devenu le classique des classiques. Sa calligraphie présente un bel équilibre entre la lisibilité et la virtuosité énergique. Les caractères sont tracés avec une classe, une élégance et une puissance hors du monde ordinaire. Certains sont formés avec retenue, scrupuleusement tracés ; d’autres sont des éclairs de pinceaux, des zigzags pleins de charme. On considère qu’il a atteint la perfection, et les jeunes continuent d’imiter son art.

N’est-ce pas beau de vivre dans un monde où l’on peut contempler la perfection ?

 

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B
Il paraît que Wang Xizhi, trois jours aprés avoir écrit son"introduction au pavillon des orchidées"en état d'ivresse, chercha à retrouver à jeun l'inspiration qu'il avait eue, en vain.Si "copier dans l'esprit " signifie "réactualiser le geste et faire revivre l'esprit du calligraphe disparu" (N Monnet ), alors au travail.<br /> Je me demande ce que tu appelles "spirituel".Je soupçonne une sorte d'équivocité.
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G
Toujours tres spirituel, mon bon Ben, c'est ce qu'on aime chez toi, la spiritualite. En revanche, le fait qu'on n'ait plus d'originaux de Wang n'empeche apparemment pas de profiter de son art, grace a des copies et des gravures de copies sur pierres, etc. Le rapport des Chinois avec l'authenticite n'est pas le meme que le notre.<br /> Quant a l'etat d'ivresse, c'est celle que l'on a lorsqu'on a passe une nuit a ecrire et a reciter des poemes avec des amis. Dans ce cas-la, le vin aide les convives a tenir, il ne les ecarte pas de la voie de l'art. Souviens t'en, Ben, comment l'ivresse parfois, pouvait aider a raisonner droit.
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B
Oublie tes problèmes techniques concernant les photos, un rapide coup d'oeil sur internet apprend au béotien qu'il n'existe aucun original de la calligraphie du"prince des calligraphes", d'ailleurs son chef d'oeuvre, avant d'être perdu, aurait été écrit en état d'ivresse; enfin on me conseille de modifier mon orthographe pour m'interesser à Wang Zhizhi, joli nom, grand sportif US; trois bonnes raisons pour abandonner l'"illustration visuelle"au profit de l'état d'ivresse.
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G
Oui, les photos, c'est toujours le meme probleme. Plusieurs choses a ce sujet. Si je n'ai pas le savoir technique pour en agrementer mon texte, c'est aussi, a un certain niveau de conscience, que je n'ai pas envie de l'acquerir, car je crois savoir que ce n'est pas excessivement complique. Ensuite, je me dis que mettre des photos, ca doit resulter d'un travail specifique sur les images, et sur le rapport dit "texte et image". Or je suis presque etranger a ce champs de pratique. Troisiemement, l'illustration visuelle peut avoir un effet negatif, en donnant une image moins reelle d'une realite vecue, en donnant au lecteur l'illusion qu'il peut "juger par lui-meme", et en demotivant l'auteur de decrire ce dont il est question. Enfin, comme il est naturel de vouloir des images, et que le lecteur a necessairement une connexion internet, il lui est possible de voir du Wang Xizhi sur d'autres sites.<br /> Cela dit, je suis evidemment d'accord avec toi, Ben, concernant le plaisir de decouvrir a tatons.  <br />  
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F
Continue de bien ecrire cela suffit comme leçon de calligraphie.Par dela les langues et les cultures.<br /> François<br />  
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