Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Hong Kong est sans doute la ville où l'on se déplace de la manière la plus variée. On peut, ou on doit, traverser le territoire à pied, à vélo, en bateau, en bus, en voiture, en tramways, en métro, en funiculaire et en escalier roulant extérieur. J'en oublie certainement, comme l'hélicoptère et la charrette à bras.
Surtout, les piétons développe une multiplicité de stratégies pour s'orienter. Très vite, les trottoirs sont insuffisants et peu pratiques. Il faut emprunter des passerelles qui vont de tours en tours, et le piéton survole la ville en jouant avec toutes les intersections, les embranchements, les circulations alternées. Il se trouve plus haut ou plus bas qu'il ne l'imaginait ; il s'égare bien souvent dans ce qui est pour lui un labyrinthe, c'est un régal pour le voyageur géographe.
Les réseaux de communications s'organisent par étages et ne communiquent presque pas, si bien que je peux dire : Hong Kong est une ville pour piétons. Je veux dire pour des humains qui utilisent différentes machines quand bon leur semble, sans jamais oublier qu'ils ont des pieds. En cela, elle diffère des villes qui sont avant tout faites pour les automobilistes, les piétons devant trouver leurs espaces sur les terrains laissés vacants par les quatre roues. Ici, les voitures semblent n'avoir qu'une fonction de représentation sociale et symbolique : on montre qu'on est riche en collant sa Ferrari dans les embouteillages. La rue est le lieu de la lenteur et du m'as-tu-vu, celui de l'immobilité grandiose ; sur la surface de la terre, on avance à pas comptés, comme les chevaux d'un carrousel. Si l'on veut aller quelque part, on doit quitter cette surface pour en trouver une autre ; la mobilité et les déplacements se font dans les airs, sur la mer et sous la terre.