Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
J’aime porter les femmes sur mon vélo. Leur poids et leur façon d’être en équilibre disent des choses sur elles qu’on ne saurait pas autrement. Certaines filles assez menues se révèlent d'une lourdeur inattendue, ce sont alors mes jambes qui me préviennent : « Attention mon garçon, cette petite n’est peut-être pas aussi facile que tu te l’imagines. Quelque chose pèse en elle, peut-être son passé, peut-être sa conscience. »
D’autres femmes, comme Mademoiselle Fleuve, qui ressemble davantage à une Grâce de Rubens qu’à une enfant de Shanghai, sont très faciles à porter. Cela tient peut-être à l'harmonie de ses formes et aux proportions adéquates de ses facultés. Mademoiselle Fleuve, justement, me disait l’autre jour qu’en Chine, on dit que l’amour naît d’un trajet à bicyclette où la fille est portée par l’homme. C’est compréhensible. Elles évaluent la force du gars, ils évaluent la présence massive de la fille, et par là, c'est leur sens de l'équilibre qu'ils jaugent, une certaine tenue, une conduite et un maintien. Après quoi, ils laissent le Dao décider.