Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
La présence de la mère pourrait devenir encombrante, à cause de la psychanalyse vulgarisée qui voit des mères partout et qui voit un problème psychologique chaque fois qu’elle voit une mère. Le voyageur, pourtant, peut décider d’ignorer la vulgate freudienne et faire confiance au lecteur lambda pour savoir raison garder.
Inclure sa mère dans le voyage, cela avait quelque chose de piquant. Les voyageurs sont souvent loin de leurs parents, voire en situation de rupture avec eux. D’autres décident d’arrêter leurs voyages, ou culpabilisent d’en être éloignés. Un voyageur, par définition, n’est pas un bon fils. Inventer une histoire de voyage où l’homme nomade a l’occasion d’accueillir sa mère retraitée dans ses incertitudes géographiques, voilà ce qui motivait ce chapitre. Le récit d’un fils ingrat qui devient un bon fils sans rien renier de son mode de vie précaire.
Il fallait profiter du fait que les amoureuses fussent provisoires et interchangeables. Dans les périodes de la vie où le voyageur vit avec une femme de manière quasi maritale et fidèle, la mère doit disparaître.
Les psychologues à deux francs prétendent d’ailleurs que le voyageur ne se fixe nulle part ni sur aucune femme pour ne pas trahir, ou abandonner sa mère. Le voyageur voit surtout dans ce discours surfait la puissance d’un modèle normatif qui tend à s’imposer : hors du mariage, de la famille et de l’emploi salarié, pas de salut.
Dans un autre livre, le voyageur inclura son père, voyageur lui aussi.