Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
L’autre jour, je me réveille en pleine nuit. Comme d’habitude, serais-je tenté d’ajouter. Je crois percevoir le son d’une femme qui jouit. Le son est lointain, je vais à la fenêtre pour entendre mieux. Dehors, un calme absolu, Nankin dort du sommeil du juste. Je commence à douter de bien entendre ce que je croyais entendre, mais non, le doute n’est pas permis. La femme lance de grands gémissements aigus, épanouis et pleins de bonheur. C’est d’une beauté profonde, un son pur, tendu puis relâché.
Je dois me rendre à l’évidence : ça se passe chez mon voisin, le Mexicain aux cinq cents maîtresses (voir l’article Propagande à Yangzhou.) Je ne sais pas depuis combien de temps cela dure, car je viens de me réveiller. Connaissant un peu les Chinoises, je sais qu’on ne peut pas savoir, il est possible d’entendre de tels cris dès le début des opérations. Gêné par le bruit, ou soucieux d’éviter que ses voisins pensent qu’il s’agit là de la bande son d’un film porno, le Mexicain allume sa télévision et met le volume à fond. Impossible alors de retrouver le sommeil. Les gémissements de la femme, loin d’être recouverts, sont maintenant accompagnés par des voix d’hommes chinois présentant les informations routières pour le lendemain. Cela ne dure pas trop longtemps. Le Mexicain a beau être un érotomane consommé, il sait garder le sens de la mesure.
Tout de même, pensé-je, un garçon aussi abject que lui, aussi repoussant, aussi répugnant, comment a-t-il fait pour donner une telle joie à une indigène ? Le monde est bizarrement fait.