Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Un jogging paradisiaque (2) Il arrive que, lors d’une promenade ou d’un jogging, on aperçoive des petits chemins de terre qui s’enfoncent dans les bois. Il arrive qu’on soit assez en forme, et attiré par des aventures nouvelles, et qu’on les emprunte. Une autre motivation me guidait : j’avais essayé d’uriner dans les toilettes du parc, mais l’odeur était trop forte et les mouches bien trop grosses et nombreuses, je ne pouvais décemment pas sortir mon sexe devant toutes ces pairs d’yeux, appelez cela de la pudeur, de l’inhibition, peu m’importe. Je me soulageai parmi les arbres. Dans cet instant d’immobilité, je perçus une petite musique, au loin. Un son de flûte chinoise, très aigu. Serge l’entendait aussi.
De petits chemins en petits chemins, on tombe sur des axes de communications inconnus qui frôlent la ville, à l’extérieur du parc, et qui, peut-être à cause de cela, sont plus sauvages, presque abandonnés.
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Nous marchâmes encore, dans la direction du son, que perdions et retrouvions selon les plis de nos zigzags. Nous passions de chemins dallés à des chemins de terre, à des endroits sans chemins. Nous vîmes une étrange forme dont Serge pensait qu’il s’agissait d’une cloche. ![]()
Dans des temps anciens, on aurait frappé ce champignon de bronze pour donner l’heure, ou pour prévenir d’un incident ayant lieu de l’autre côté de la colline « de la Fraîcheur ». Ce bois était étonnamment grand, pour un parc urbain. C’est tout juste s’il n’était pas possible de s’y perdre, alors même qu’on sentait la ville autour de nous. Soudain, un espace s’ouvrit dans le bois. ![]()
Sur la terre ocre, une variété d’arbres et de plantes disposés sans ordre, mais offrant une curieuse harmonie. C’était comme un jardin dessiné par un fou. Nous traversâmes cet espace et, à nouveau dans le bois, je vis une forme à travers les branches, que je pris pour le flûtiste. ![]()
Il s’exerçait, seul, dans la nature, le plus isolément possible. Dans un roman d’André Dhôtel, cela déboucherait sur une conversation troublante, le flûtiste aurait un lien de parenté avec la copine de Serge, par exemple, il serait annonciateur de je ne sais quel prodige. Ici, non, il n’était qu’un musicien, mais cela suffit à nous émerveiller.
Nous l’écoutâmes un instant, mais notre présence le gênait peut-être. Il accepta que je le prenne en photo, mais il me tourna le dos.
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Clairement, nous étions de trop dans son univers. Nous déguerpîmes sur la pointe des pieds. Malgré tout, nous nous sentions dériver dans un autre monde.
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