Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Autrefois, le voyageur circulait librement sur les routes de la montagne et payait à chaque entrée de site s’il voulait faire une visite culturelle ou sportive. Aujourd’hui, la route s’arrête à quelques pas de l’Allée des Esprit, et c’est là qu’il faut acheter un billet, hors de prix, pour se promener, voir les statues du tombeau, se baigner dans le lac des Nuages Pourpres, monter les marches du Mausolée de Sun Yatsen, et j’en passe.
Pour moi, la différence est minime car j’achète la carte annuelle, qui coûte cent yuans (vingt yuans de pus que l’année dernière) et qui m’ouvre les portes de ce grand terrain de jeu où je me rends plusieurs fois par mois entre mars et décembre. La pilule est dure à avaler, en revanche, pour le touriste qui compte n’y passer qu’une demi-journée. D’autant plus que, se fiant aux guides, aux brochures et aux dire des Chinois, il pensera candidement que le Mausolée de Sun Yatsen est le site à ne pas rater, il y fera un rapide tour, ne saisira pas l’intérêt que représente ce lieu de mémoire, et repartira déçu.
Il faut donc impérativement changer le mode de visite de la montagne. Que les Tour operator, les spécialistes des voyages organisés et les accrocs de la varappe dressent l’oreille et prennent des notes. Il est impératif d’y consacrer une journée entière, et je ne parle que de la portion qui va de l’Allée des Esprit à Linggu Si. Car, la route étant maintenant barrée, il faut marcher davantage, ce qui rend la promenade plus agréable et redonne à ce parc familial un peu de son aspect montagnard (c’est avec joie qu’on voit les routes envahies de piétons, de jeunes gens assis, de vieux se reposant à l’ombre des statues de guerriers Ming.) La promenade est agréable, mais elle est plus longue, heureusement. Alors, pour avoir le temps de profiter des pruniers en fleurs, de piquer une tête dans le lac, de faire un pique-nique ou de manger végétarien à la cantine bouddhiste de Linggu Si, et visiter deux à trois sites, il faut compter une journée.
Le reste de la montagne vaut aussi le coup d’œil, mais il faudra revenir, malheureusement pour ceux qui veulent « faire » la Chine en deux semaines.