Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Les chanteurs de Kunqu passent du grave à l’aigu avec une facilité d’acrobate. Le partage entre le grave et l’aigu est assez complexe, ça ne recouvre pas une différence de sexe, c’est plus mystérieux que cela.
Quand l’empereur du Palais de la jeunesse éternelle est vieux, au dernier acte, il porte une robe bleue et une barbe blanche, sa voix devient plus dense, plus pleine, allant plus souvent dans les graves. Et même ses notes aiguës sont empreintes de gravité, de solennité. L’ensemble de son chant est grave, alors qu’il ne cesse de chanter avec sa voix de tête. Mais c’est une voix de tête " semi aiguë." Il possède aussi un registre "suraigu" qu’il utilise pour les moments de frayeur, pour faire dresser les cheveux sur la tête.
Une très belle scène le montre en train de dormir. Son général en chef le réveille et une conversation bizarre se tient entre eux. L’empereur décide de faire couper la tête à son général et utilise sa voix suraiguë pour appeler ses gens. Un chant quasi surnaturel qui montre que ce n’était qu’un rêve, et qui figure en même temps le passage du rêve à l’éveil. L’aigu, le suraigu, comme révélateur d’une certaine réalité objective (le rêve, l’éveil) et non seulement comme marque d’une personnalité (jeunesse, féminité, espièglerie.)