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Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.

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Minsu Bowuguan

Retourné au Musée du folklore, samedi matin, espérant assister à un spectacle d’ombres chinoises. C’est un rêve que j’ai, les ombres chinoises.

Dans le « Hall des amateurs de théâtre », où j’avais pu profiter d’une répétition de chants de l’opéra de Pékin (voir Le folklore de Nankin), des cithares de plusieurs types remplissent le pavillon. Des guqin sur les tables, des guzheng sur leurs tréteaux. C’est une leçon de musique. Au fond, une petite fille joue avec virtuosité du guzheng. Sur la table, de jeunes femmes apprennent le guqin autour d’un homme. Le seul homme est le professeur.

               

Il n’y aura pas d’ombres chinoises, car une cérémonie de mariage va se tenir dans une chapelle taoïste du musée. Les mariés forcent la porte d’entrée, dans un fracas de percussions, une porte qui était barrée par les gens qui, sans doute, symbolisent une force contraire au mariage, un obstacle à vaincre. Ils sont suivis, les mariés, d’un groupe de fringantes joueuses de tambour aux rutilants habits roses.

                                  

Le boucan de leurs tambours et cymbales ne trouble pas plus que cela les joueuses de guzheng et de guqin. C’est à croire que les Chinois vivent paisiblement avec le bruit.

                                   

Les mariés ont sorti l’artillerie lourde. Cette cérémonie a dû coûter un argent colossal. Ca vous une face formidable. La femme est voilée et suit son mari en tenant une corde nouée en son milieu. Ils entrent dans le pavillon, s’avancent vers l’autel, tandis que les tambourineuses restent au bord, dans la cour intérieure, et font un vacarme assourdissant. Les mariés s’agenouillent, s’arc-boutent, tournicotent et, soudain, le voyageur sent son cœur se serrer. Le mariage, même le mariage des autres, l’oppresse. Il ne voit aucun bonheur, dans cette cérémonie, ni aucune promesse de bonheur. Il n’y voit qu’une insupportable pression mises sur les épaules des mariés. Voilà ce qui vous attend pour toujours : un tapage sans fin, des yeux braqués sur vous, des gens qui attendent de vous quelque chose.

Une heure après le début de la leçon, les joueuses de guqin n’ont pas changé de geste. Le même glissando, répété indéfiniment, jusqu’à ce que le professeur s’en aille. La plus jolie étudiante range son instrument, les autres continuent de s’exercer. Les tambours et les cymbales s’éloignent dans le temps et dans l’espace.

Le voyageur pourrait-il se marier ? Est-ce seulement envisageable, imaginable ? Qui le voyageur pourrait prendre pour femme ? Une voyageuse ? Une étrangère ? Les clichés sont toujours dotés d’un étrange pouvoir de séduction.

                                 

 

 

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