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Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.

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Notes d'un sous-sol

L’autre jour, nous faisions notre échange linguistique quand je complimentai Min Fei pour ses vêtements. Sa veste était élégante, son pantalon seyant, ses chaussures de sport belles à voir. Je lui demandai combien cela lui avait coûté et où l’on pouvait trouver des pantalons de velours noir comme le sien.

Le dernier vêtement que je m’étais acheté était une écharpe en laine, l’été dernier, dans la province du Yunnan. Mon dernier achat de pantalon devait remonter à six bons mois. L’hiver approchant, il me fallait remettre à jour ma garde-robe.

Je fouillais mes poches, en sortis quelques billets de banque : 80 yuans et 2 mao, croyait-elle qu’un étranger pouvait acheter un beau pantalon avec ça ? Il le peut, l’étranger, me fit-elle comprendre.

Nous passâmes chercher ma mère et prîmes la direction du grand quartier commercial de Nankin, un quartier dont le carrefour date des années vingt, Xinjiekou. Les guides disent que ce quartier est cher, mais les jeunes connaissent les boutiques qui sont à la fois les meilleures et les moins chères de la ville.

Je me laissai guider par ma jeune amie. Nous descendîmes dans une boutique, à l’entresol d’un grand magasin. C’était trop cher et le vendeur refusait de marchander. Au fond de la boutique, un passage conduisait à un monde interlope, un dédale de marchands, d’opticiens, de manucures et de boutiques de fringues. Je m’attendais à voir un tigre dans un coin et une liseuse d’aventure. Chez certains, on peut marchander, chez d’autres on ne peut pas. Chez certains le prix annoncé par le vendeur correspond à ce qu’on lit sur l’étiquette, chez d’autres, on vous donne un prix déjà baissé, chez d’autres il n’y a aucune étiquette et les prix sont à la tête du client.

Min Fei me conseillait, elle m’indiquait les lieux où je pouvais entrer, ceux qui étaient ni trop jeunes, ni trop vieux, ni exclusivement féminins. J’essayai des pairs de jeans dans une boutique qui me plut un peu. L’ensemble, le lieu, les articles, la vendeuse, me parurent honnêtes. Les prix sur l’étiquette dépassaient 400 yuans, mais la vendeuse en annonçait 120, avec option de marchandage si le client le désirait.

Je déteste tellement acheter des vêtements que lorsque j’ai fait l’effort d’essayer quelques pantalons, je considère comme un devoir moral envers moi-même de ne pas partir bredouille du magasin. Je priais pour que quelque chose m’aille. Finalement, un jeans noir d’une marque américaine (peut-être une contrefaçon) nous plut à tous les trois (si Min Fei ou ma mère avait émis un doute, je ne l’aurais pas pris), et je saisis la proposition de marchandage précédemment offerte. La vendeuse accepta de descendre.

Min Fei était ravie, elle avait accompli au plus juste sa mission de me trouver un pantalon à 80 yuans.

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