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Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.

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De l'importance économique de se sentir bien en voyage

Grisé, chipé par l’ondulation des rues de Macao, je n’étais pas chez moi, j’étais chez d’autres, chez des Portugais qui habitent en Chine. Outre les nombreuses langues qu’on entend dans les rues, le cantonais domine avec ses notes plaintives, et le portugais est parlé ; ou tout au moins, il est entendu. Dans le bâtiment de la Santa Casa da Misericordia, sur le Largo do Senado, un collectif religieux macanais a ouvert un café confortable. La bière et le café n’y sont pas très chers et la télé est branchée sur une chaîne portugaise. Les serveuses parlent portugais, cantonais et anglais. Si le voyageur insiste, elles parleront certainement mandarin. Pourquoi s’enfermer dans un café alors que la ville respire au dehors ? Pour concentrer et circonvenir l’excitation. Je retardais le moment de m’enfoncer dans les rues afin de distiller le plaisir d’être là. Ce n’est pas que j’étais heureux d’être à Macao, c’est que le fait d’être à Macao me rendait heureux d’exister. C’était le bonheur simple et plein d’avoir deux jambes, de pouvoir regarder, de m’asseoir où je le voulais ; c’était d’avoir des possibilités innombrables devant moi. Je pouvais prendre un café, ou une bière, ou un jus de fruit, tout m’était ouvert. Je restais dans le café pour que ces possibilités se cristallisent. Je commandais une bière, un café, j’aurais pu commander d’autres choses mais je me contenais par esprit de luxe. L’homme richissime connaît le plaisir de ne pas acquérir tout ce qu’il désire au moment où il le désire.

Puis il y eut un moment où je me sentis prêt à sortir, prêt à accueillir toutes les vibrations des rues. Les maisons portugaises, aux couleurs jaune, verte, ocre, jouaient avec les caractères chinois et variaient d’ouvertures de persiennes, tout en gardant cette morgue, cette élégante hauteur que l’on retrouve dans toute l’Europe méridionale.

             

J’entrai dans une boutique et achetai une veste. Je fus moi-même surpris de ce geste brusque. J’avais pourtant prévu de ne rien acheter, mais comme je me sentais richissime, plus rien ne pouvait freiner mon désir de consommer la ville. Je découvris alors une loi économique que tout le monde connaît depuis longtemps : on ne consomme pas lorsqu’on en a les moyens, mais quand on se sent bien, ou dans le but de se sentir bien.

                                                        

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G
Oui Gregoire, viens donc me raconter tes deboires. Ou bien j'irai a Shanghai, un de ces quatre soirs de folie.
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G
Salut Guillaume <br /> j'ai ma foi fauté en ne répondant pas aux desirs de mes nombreux lecteurs en ayant plus ou moins laissé tomber mon blog mais bon, les priorités se font différentes et les sujets, rares.<br /> Je vois que tu as toujours des mails de psychologiste, mais bon, on est loin de nanjing, la,  et je passerai bien te passer un petit coucou pour te raconter mes deboires<br /> J'invite ceux d'entre vous qui ne suivent pas scrupuleusement les affaires venant de Cine à vous pencher sur la question d'internet, peut etre la methode d'emancipation "soft" du regime, la ou se deroule la nouvelle bataille d'un regime mal en point . Un exemple parfait de ce qui fut pendant des millénaires le probleme de la chine: un empire a controler et un peuple avide d'individualité.<br /> Ce qui se passe sur internet, la facon dont les textes y sont contrôlés, censurés et atteints, voila un beau sujet, et  surement un des plus gros combats qui merite d'être mené actuellement. <br /> La terre est en train de gronder, il n'y a probablement pas encore assez de sismographe pour le reporter.<br />  
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F
Bon ben ça c'est un chouette conseil que je vais m'empresser d'effectuer dés aujourd'hui : direction Paris , les Halles (où l'on peut aussi avoir le plaisir d'entendre plusieurs langues , mais ce n'st pas Macao évidemment) et c'est parti pour la dépense , et ça va faire du bien,  et c'est moi qui te le dis , tiens ! A+<br />  
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G
Merci Agathe pour ce beau temoignage. Je me souviens, moi aussi, avoir achete une prise electrique et une rallonge, quand j'etais etudiant, un jour que j'etais un peu deprime. Je n'avais pas vraiment besoin de rallonge, ou alors un besoin non urgent, non prioritaire. C'etait vraiment pour me sentir mieux, et, bizarrement, cela a marche - je n'ai pourtant aucune passion ni meme d'interet pour l'electricite, et peu d'aptitude au bricolage.<br /> Enfin, on est loin de Macao, la.
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A
salut ! Tu voyages dis donc ! <br /> Je n'en reviens pas que tu aies attendu 33 ans - note ma grande bonté- pour te rendre compte de cette petite loi sur la consommation.(c'est bien les mecs ça !)  Tu sais sans doute que notre rapport à l'argent et à la dépense reflète notre rapport à l'affectivité, d'après les psycheuneuneus. C'est drôle car à Lyon, j'allais voir une psy dans le 2ème et chaque fois que j'en sortais, me sentant très soulagée et légère, je m'achetais quelque chose (jamais trop trop cher, cela aurait gâché mon plaisir, mais quand même). J'avais le sentiment alors de me récompenser. Se récompenser d'être aller chez le psy, ça c'est vraiment marrant. Enfin, peut-être qu'alors je m'autorisais à être heureuse et le manifestais ainsi.<br /> Je crois qu'il faut quand même un petit peu de moyens pour consommer. L'argent ne fait pas le bonheur des pauvres, mais il fait souvent leurs rêves. Or, les rêves font le bonheur. Donc l'argent fait quand même le bonheur des pauvres.  sur ce, gros bisous. Agathe.
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