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Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.

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Le livre des merveilles

Gilles Deleuze disait que voyager et penser était la même chose. Moi je dirai (plus modestement car, comme je voyage, je suis bien obligé d’admettre qu’on peut voyager sans penser beaucoup) que voyager, c’est toujours un peu écrire un livre. C’est vrai, qui n’écrit pas son livre quand il fait un tour de deux semaines en Inde ou en Thaïlande ? Le carnet de bord est une des origines de l’écriture, et le Livre des Merveilles est un peu l’essence même de la littérature, car c’est la raison pour laquelle on voyage, pour trouver, sinon pour raconter, des merveilles.

Le voyageur qui se trouve en Chine est alors tenu de faire son Marco Polo, mais comment s’y prendre ? Tout le monde connaît aujourd’hui la Chine, nul ne peut prétendre y découvrir des perles inexplorées. Il reste deux voies, également périlleuses. La première est de chercher avec frénésie des espaces vierges de tourisme, des populations point encore étudiées par les ethnologues. J’ai toujours eu en aversion cette option, comme en général, les voyageurs qui reviennent chez eux avec des histoires à raconter. Un jour, un Anglais m’a dit : « J’ai vu ce que peu de gens auront jamais l’occasion de voir. » Je l’ai tout de suite catalogué comme raseur. D’ailleurs, cela n’a rien à voir mais c’est significatif, il a couché peu après avec la femme que j’aimais. Depuis, les Britanniques excentriques me font moins rire.

La deuxième voie consiste à regarder autour de soi et à y voir des choses étonnantes. Sous cette acception, le voyageur ne se définit pas par la quantité d’espace qu’il parcourt, mais par la nouveauté dont il a su imprimer les choses qu’il regarde. C’est plus ou moins ce que Deleuze mais je ne peux pas le citer de mémoire, alors j’invente.

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G
C'est vraiment commode d'etre un sage chinois. On peut dire des choses obscures sans rien expliquer, et les gens vous ecoutent avec passion. Moi, je me verrais bien sage chinois. Merci pour cette reference, je vais la reprendre en effet.<br /> Deleuze parle du voyage dans Mille Plateaux, mais ou dans Mille Plateaux, je n'en sais plus rien.
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B
Je ne vois pas de quel texte de Deleuze tu parles, mais j'aimerais soumettre à ta sagacité un passage de Liezi sur le même thème, où il me semble que l'on trouve la même idée, et que je n'ai jamais vraiment compris:<br /> "Lorsqu'il commença ses études, Liezi aimait voyager. Huzi:-Tu aimes voyager, qu'aimes-tu dans les voyages? Liezi : -Le plaisir d'un voyage réside dans le changement. Les gens voyagent pour observer la nature, je voyage pour observer les changements. Les voyages, les voyages! Personne n'a jamais pu déterminer ce qu'ils sont. Huzi :- Tu voyages comme les autres et dis le faire autrement. Tous voient le changement dans ce qu'ils regardent. Tu te plais à la surface des changements, ignores nos changements..."( suit un passage un peu long sur le vrai voyage qui consiste dans la recherche de la plénitude de soi.) "Après cette conversation, Liezi ne sortit plus de sa vie. Il pensait ne pas savoir voyager, et Huzi lui dit :"Quel est le but du voyage? Le voyageur suprême ignore sa destination. L'observateur suprême ignore ce qu'il contemple. Tout est voyage. Tout est observation. C'est ce que j'appelle voyager, c'est ce que j'appelle observer."( Traité du vide parfait, iv, 7) 
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R
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