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Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.

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Les livres voyagent

Alors pour faire son Marco Polo, il convient de se faire une idée du livre qu’on va écrire. Le voyageur tire des plans sur la comète, il élabore des scénarios, des histoires et des intrigues pleines d’étrangers, de femmes et de fureur.

Surtout, ce dont il a besoin, c’est d’un plan d’attaque. C’est comme un voyage, décidément. Avant de partir, il prépare son itinéraire, quitte à le modifier en chemin.

Un de mes plans d’ouvrage sur la Chine consistait à consacrer un chapitre à chaque élément fondamental de la ville de Nankin : Montagne, Fleuve, Rempart, etc., à quoi correspondait une zone géographique, mais aussi un  art, une femme, et pourquoi pas une couleur, un organe, etc.

Voici le sommaire tel qu’il m’est apparu un beau matin, sous le titre encore provisoire de

 

Nankin en douce

 

I- La montagne

 

La poésie

 

Petite Biche

 

Les prénoms

La lune

L’activité sexuelle

Le bouddhisme

Mimique et Luluc

Zijin shan /Le lac des nuages pourpres

Qixia shan / La falaise aux mille Bouddhas

II- Le fleuve

La musique

Flore

Le guzheng, la guitare et l’erhu

La passivité sexuelle

Le Kunqu

Le confucianisme

L’île au milieu de la rivière / le pont

 

 

III- Les remparts

Les arts plastiques

Ma belle employée

Le musée

Visages et portraits

La sexualité comme anti-dépresseur

Plastique et cosmétique

Les remparts Ming / Le lac Xuanwu

Zhonghuamen / Le temple de Confucius

 

 

IV- Le centre ville

L’architecture

Neige

Les matins

Les jardins

La sexualité impossible

Suzhou

L’axe Zhongshanmen - Xinjiekou

 

 

V- L’ouest

La philosophie

Zhu Yin

L’islam

La sexualité sauvage

Déserts et alpages

Les Kazakhs et les Ouighours

L’ennui, avec les plans, c’est qu’on peut y aller à l’infini sans que rien ne soit écrit. Une logique se développe toute seule à quoi rien n’interdit d’ajouter toutes sortes de correspondances aux chapitres existants, de leur associer un des cinq sens, un végétal, un animal, un courant de pensée, etc.

Le paradoxe est que les plans n’aident pas vraiment à écrire la moindre page. Au contraire, le voyageur se sent à l’étroit dans ce projet d’écriture, comme dans un appartement trop connu ou dans un voyage organisé. Et puis, comme il voit écrit le mot « architecture », il se dit qu’il va bien falloir écrire deux ou trois pages sur l’architecture, en rapport à telle fille, et là, un soupir lui vient du plus profond de son cœur. Il se dit qu’il remaniera peut-être le plan en question, qu’il se passera peut-être tout à fait d’architecture, et il commence à envisager d’abandonner le plan lui-même pour un autre à venir.

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