Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Cela commença dans la bonne ville de Lyon.
J’avais une femme et un travail. J’aimais mes amis et j’aimais ma ville. Je vivais le début de ma vie d’adulte dans la ville où j’avais vu le jour, et j’aimais mon pays, sa langue et sa culture. Adapté au système socio-économique de la France qui me permettait de jongler avec les emplois et les aides sociales, je m’avançais tranquillement vers l’âge où les gens s’installent. Or, un jour, je dis à mon voisin : « Si je n’avais pas de boulot, et s’il n’y avait pas Sophie, je partirais pour Londres. » Moins de deux mois plus tard, ma femme me quittait et le Musée d’art contemporain me remerciait de mes services. C’était trop beau pour être le fait du hasard. Je pensai qu’il y avait là une action surnaturelle orchestrée par mes fées, ces petits êtres du destin qui se penchent sur votre berceau et orientent votre existence. Elles s’y prirent de la meilleure des manières. Plutôt que de me parachuter à Londres de gré ou de force, elles avaient écouté mes désirs et avaient coupé les fils qui me reliaient à la France. Elles m’avaient rendu sans attaches comme pour me dire : « Et maintenant, de quoi es-tu capable ? Vas-y, on te regarde. » C’est ainsi que je me retrouvai en Irlande, alors que j’avais planifié l’Angleterre.