Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Alors on me dit : « Shanghai, ah ! Shanghai ! C’est formidable, pour toi. » Moi, je demande à voir. On me dit depuis longtemps qu’il y a tellement plus de choses à faire à Shanghai qu’à Nankin, mais je me demande ce que c’est que ces « choses » qu’il y a à faire. On me sourit d’un air parisien : « Oui, il y a franchement beaucoup plus de choses. » Que signifie ce point de vue quantitatif ? Il y a plus d’expositions, certes, mais y a-t-il de bons artistes ? Il y a plus de magasins, mais en quoi est-ce un avantage ? Les filles y sont-elles plus belles ? Voilà la vraie question, à quoi on me répond qu’il y a des choses à faire.
A Nankin, je peux partir de chez moi en courant et me retrouver, quinze minutes plus tard, sur une muraille construite sous les Ming, ce n’est pas une « chose à faire » exceptionnelle ? Pourrai-je le faire à Shanghai ?
Je peux aller me baigner, en moins d’une heure de vélo, dans un lac en pleine montagne, ignoré des touristes et des Nankinois, presque seul au monde, est-ce à dénigrer comme un goût de provincial ?
Je peux assister aux représentations de la meilleure troupe de Kunqu, la forme d’opéra la plus vénérable de Chine, donc l’une des plus extraordinaires du monde. Cela ne vaut-il rien face au pouvoir d’attraction et de divertissement de Shanghai ? Nous verrons par nous-mêmes.
Je vais avec un grand plaisir dans la plus grande ville de Chine, mais je garde pour Nankin un attachement qui n’a pas de raison de se détendre.