Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Lire les récits des voyageurs du temps jadis n’est peut-être pas une très bonne idée.
Quand le grand Mattheo Ricci parle de ce qu’il voyait à Nankin, au seizième siècle, le cœur se serre. D’après lui, le Palais de Nankin était plus grand que la Cité interdite. Certes, la Cité interdite n’était pas encore complétée de ce qu’allaient construire les Mandchous de la dynastie des Qing, qui est énorme, mais enfin, quelle magnificence cela devait être ? Il dit aussi, de Pékin : « En grandeur, disposition des rues, grandes masses de bâtiments et munitions, elle est à la vérité inférieure à Nankin. » Naturellement, beaucoup de tout cela a disparu. C’est comme s’il ne restait de Venise qu’un ou deux palais, une ou deux rues, un campanile, quelques Titien conservés en France et les Mémoires de Casanova.
D’ailleurs, j’y pense, « le cœur se serre », c’est une expression que Simon Leys écrit dans un de ses essais sur la Chine, quand il repense aux splendeurs de Pékin détruites par la Révolution culturelle. Cela doit être un lieu commun des voyageurs du temps présent.