Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Quand on m’a proposé un appartement avec cuisine, j’ai sérieusement hésité avant d’accepter. Je vivais heureusement dans une chambre d’hôtel depuis un mois. Aucune odeur de cuisine, presque pas de ménage à faire. Tout mon univers domestique était concentré autour de moi, à vue d’œil. Comme un personnage de Beckett, j’avais sous la main toutes mes possessions, que je pouvais remuer sans bouger de mon lit. J’ai accepté la proposition pour une raison sociale, je crois. J’ai pensé qu’objectivement, un appartement avec cuisine était un mieux, du point de vue de la reconnaissance, par rapport à une chambre, et que c’eût été absurde de refuser. C’eût été comme refuser une augmentation de salaire sous prétexte que je n’avais pas besoin d’argent supplémentaire pour réaliser mon bonheur sur terre. J’ai peut-être, de ce fait, reculé d’un pas sur le chemin de la sagesse, qui sait ? Ma première impression est une impression de grandeur. Je sens que j’ai trop d’espace pour moi. Je me sens trop petit, trop mince pour remplir ce lieu. Mon idéal étant une pièce cubique (voir l’article Déménagement), je me sens un peu perdu, je marche de long en large, toujours un peu inquiet de cette pièce inhabitée, là-bas, de l’autre côté du couloir. Il n’est pas impossible que je me mette à grossir pour occuper plus d’espace et m’accorder à mon nouvel appartement.
Certes. En fait, une maladie que j'ai eue en juillet m'a fait perdre une petite dizaine de kilo. Je m'apercois que j'ai encore de la graisse a perdre et que j'avais donc des reserves tres grandes. A coup de sport et de regime drastique, je garde une certaine minceur, mais j'aime trop manger. Je sais que je vais regrossir, d'ou l'annonce que constitue cet article, pretextant a l'avance que l'appartement en sera la cause.