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Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.

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Comprendre l'art abstrait

Quand le Musée de Nankin présente une exposition intitulée Hans Hartung en Chine, on laisse le voyageur penser que Hans Hartung est effectivement venu en Chine, qu’il y a travaillé, qu’il y a rencontré une culture, des artistes, des traditions. Le voyageur s’attend à voir des œuvres d’art influencées par la calligraphie chinoise, l’affiche de l’exposition le pousse vers cette attente.

 

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*Il n’en est rien, ce n’est qu’une belle exposition, organisée dans le cadre de l’année de la France en Chine, de toiles qui couvrent un demi siècle de travail. Une jeune Chinoise de ma connaissance a dû faire l’interprète lorsque les assistants de Hartung sont venus pour l’accrochage. Elle me dit qu’elle ne comprend pas ces tableaux. Elle a demandé aux assistants s’ils comprenaient, ils lui ont répondu qu’il n’y avait rien à comprendre.

 

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Je prends des photos de l’exposition, au cas où je devrais expliquer à des amis chinois ce qu’est l’art abstrait. Les gardiens me laissent faire, mais ils tournent autour de moi. A l’époque où je travaillais dans un musée, en France, les gardiens interdisaient à grands cris les prises de photos et les flashs.

Les visiteurs passent sans s’arrêter devant les tableaux. Moi non plus, je ne m’arrête guère, car je me suis forgé une méthode pour visiter les musées et les expositions : je marche, je regarde à la volée, et je repasse, je reviens sur mes pas. Je ne m’arrête devant une œuvre, généralement, qu’après deux ou trois passages, et seulement si je m’y sens pour ainsi dire forcé intérieurement. Si rien ne m’oblige à m’arrêter, je passe mon chemin. C’est une règle d’or, pour apprécier l’art, il ne faut pas se laisser impressionner, ni par le décorum, ni par les œuvres d’art elles-mêmes.

A la décharge des visiteurs, il faut préciser que le musée comporte de très belles salles d’objets en bronze, en jade, en laque et en tissu. Ces gens ne viennent pas là pour voir cette exposition en particulier, et, qui sait, ils ont peut-être de la famille à voir après la visite du musée, un repas à préparer, des enfants à faire goûter.

J’aperçois deux filles qui regardent avec attention. Elles passent plus de temps que les autres devant les toiles. Elles en parlent entre elles. Je me dis : ces filles sont étudiantes aux beaux-arts, ou quelque chose comme ça. Je remarque surtout qu’elles portent chacune un t-shirt dont les couleurs entrent en dialogue avec celles des tableaux de Hartung. Je les aborde, les prends en photo avec leur permission.

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Elles sont étudiantes en design. Vous aimez cette peinture ? Nous avons du mal à comprendre. Savez-vous que les assistants de Hans Hartung disent qu’il n’y a rien à comprendre ?

Le gardien, trouvant louche qu’un étranger adresse la parole à des gamines locales, se plante à nos côtés. J’oscille entre l’envie de l’ignorer, de me foutre de sa gueule et de partir. Mon naturel reprend le dessus, je lui demande si je peux le prendre en photo, lui aussi. Il sourit et accepte. Je vous prends une dernière fois en photo, leur dis-je à tous, devant la toile que vous préférez. Les filles disent devoir réfléchir. Le gardien me prend par le bras et m’emmène. Pour lui, depuis le temps qu’il contemple cette exposition, ça ne fait aucun doute, c’est cette toile la plus belle.

 

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 Je lui demande pourquoi ? Il me répond que c’est comme ça, il n’y a rien à comprendre. Les filles ont trouvé leur toile préférée.

 

 

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Elles prennent la pose traditionnelle du V de la victoire, celle qu’elles auront devant les toiles du Louvre et du musée d’Orsay quand elles iront en Europe.

Pour finir, c’est moi qui choisis la toile pour un portrait final.

 

 

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Ils ne me proposent pas de me prendre en photo, alors je pars visiter pour la énième fois la salle des trésors, à l’étage inférieur.

 

 

 

 

 

 

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F
Je vais essayer comme tu dis, passer rapidement, dans les musees, comme dans un parc, ca m'aidera peut etre. C'est vrai que moi, les musees, ca m'ennuie souvent, mais je peux y rencontrer des etudiantes en design...
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