Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
On me disait, il y peu : « Ah ! Tu vas enseigner à Nanda, c’est bien pour toi. Les étudiants y sont tellement intelligents. » Je n’avais jamais été frappé, auparavant, du fait que mes étudiant d’alors fussent particulièrement stupides.
Mais j’attendais avec impatience d’avoir affaire à ces jeunes gens. Après deux semaines de cours, je les ai entendus, je les ai lus avec plaisir, j’ai évalué leur niveau de français et je ne comprends pas pourquoi on dit d’eux qu’ils sont intelligents. Ce sont, pour la plupart, de bons étudiants, qui travaillent et sont sérieux. De plus ils sont charmants, gentils, volontaires. Ils sont, je l’avoue, tellement agréables que la fonction de professeur devient avec eux le plus beau métier du monde. Mais intelligents ? Je n’ai pas trouvé qu’ils l’étaient plus que d’autres. Simplement, pour entrer dans cette université, il faut avoir eu les meilleures notes à la version chinoise du baccalauréat. C’est tout, ils ont été bons élèves.
Si on commence à confondre l’intelligence avec le fait d’être bon élève, alors il n’est pas étonnant, et je lance l'idée dans l'incertitude la plus totale de sa pertinence, qu’on élise n’importe qui à la tête de l’Etat.