Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Je recommande hautement Musiques de la tradition chinoise, de Lucie Rault (Cité de la musique / Actes sud éd.), en particulier pour le cd qui propose une compilation de morceaux choisis. L’intérêt de ces morceaux vient de ce qu’ils sont inouïs et de ce qu’ils possèdent en même temps quelque chose de familier. Et quand je dis familier, il s’agit d’une familiarité très inattendue.
Yinai (« Clapotis ») est un solo de guqin, une vieille cithare très noble (un tableau de la dynastie des Ming montre l’empereur de l’époque en jouer), qui me fait irrésistiblement penser à de belles improvisations d’un grand guitariste, du genre d’Al di Meola. Il joue parfois sur les harmoniques pendant trente secondes, et comme les cordes sont en métal, cela sonne profondément américain. Le guqin, en général, appelle le silence, fait taire les convives et les force, même bourrés, à méditer.
Shangshan caicha (« En cueillant du thé dans la montagne »), une chanson accompagnée par un petit orchestre. La voix de la chanteuse ressemble par moments à des enregistrements de blues et de jazz des années trente, tandis que l’orchestre rappelle la musique Renaissance de la cours de Bourgogne.
Un solo de pipa est à la fois rapide et méditatif. La pipa est un gros luth, très beau à voir, souvent joué par les femmes, peut-être parce que, encombrant, les hommes ne voulaient pas s’en embarrasser devant les audiences distinguées de l’époque des Ming. Le morceau est rapide comme une pluie aux gouttes nombreuses. Comme celle qui tombe en ce moment sur le sol, dehors. Cristalline, crépitante, claquante et cliquetante.