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Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.

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Quelle image pour la Chine

Décidément, je suis un homme à polémique. Aujourd’hui, c’est dans une salle de classe qu’une controverse a fait rage. Les étudiants avaient écrit une lettre fictive dans laquelle ils expliquaient l’origine de leur fête nationale et faisaient le récit de leur manière à eux de la célébrer. Je fis une synthèse de leurs productions en écrivant une lettre uniquement composée de différentes phrases tirées de leurs copies. Après les descriptions attendues des cérémonies Place Tiananmen et autres défilés, quelques phrases parlaient des étudiants et des paysans qui, pour des raisons d’éloignement et d’argent, ne pouvaient pas profiter des réjouissances.

D’abord une, puis deux, puis trois et quatre étudiantes déclarèrent leur désaccord avec ces phrases. Comme dans toute bonne polémique, les unes et les autres contestaient le texte mais se contredisaient aussi les unes les autres. Wang Lu disait qu’on ne pouvait pas écrire : « Les paysans ne s’intéressent pas à la fête nationale » car ils étaient chinois et que tous les Chinois communiaient ce jour-là. Zhong Kun disait au contraire que, comme les paysans ne s’y intéressaient pas, il ne fallait pas en parler dans une lettre adressée à des Français. Une autre ajouta que ceux qui travaillaient pendant les jours de congés n’étaient pas malheureux, que c’était leur choix. Une autre que les étudiants qui devaient rester sur le campus étaient heureux de le faire, même si elle, ressortissante du Jiangsu, avait pu rentrer chez ses parents. Ces filles étaient honnêtement choquées, elles étaient blessées. « Cela donne une image déformée de la Chine. »

On en entendit même une dire que les paysans n’avaient pas besoin de congés, que pour eux, tous les jours pouvaient être chômés. Tout et n’importe quoi pouvait être dit dans la défense de la mère patrie. Les garçons ne décrochèrent pas un mot. Les étudiants qui avaient écrit ces phrases non plus. Probablement qu’ils ne se sentirent pas à l’aise de voir leurs naïves idées provoquer l’indignation et la tristesse de leurs camarades. Ces innocentes phrases, scolaires, sentimentales, devenaient des actes anti-patriotiques, de la même manière qu’une parole maladroite pouvait faire accuser, autrefois, quelqu’un de droitisme. Le spectre de la Révolution culturelle me revint en écho. Un sentiment très fort m’envahit, le sentiment d’être pris dans un fonctionnement totalitaire où rien ne doit être dit. Où beaucoup d’énoncés vides doivent être produits sans le moindre esprit critique. Où il est toujours juste de se révolter contre ce qui apparaît comme une attaque contre la Chine.

A la fin du cours, l’étudiante la plus virulente est venue me poser des questions extrêmement pointues sur la grammaire de ma langue maternelle. Il y en a qui ne laissent jamais rien passer.

 

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G
Eh bien, cette derniere phrase, que pourrais-je en dire ? Il y en a qui ne lachent vraiment pas l'affaire, si vous preferez, qui, apres avoir coupe les cheveux en quatre, cherchent des aiguillent dans des bottes de foin.
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U
pourrais tu en dire plus sur ta dernière phrase...
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