Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
La notion de centre n’est pas claire, en Chine. D’autant moins qu’elle est présente partout, à commencer par son nom : Zhongguo, le pays du centre, l’empire du milieu, le royaume au cœur de l’univers.
Le centre, le milieu, le cœur.
Le cœur d’un problème, c’est son point central, autour duquel tournent et se ramifient les autres éléments du problème. Or le cœur n’est pas au centre du corps. Et dans la cité, le cœur politique n’est pas au centre géographique de la ville. A Nankin, le Palais impérial Ming était à l’ouest. Quand Nankin est redevenue capitale, en 1911, Sun Yat Sen installa le palais présidentiel à l’ouest, non loin des ruines de l’ancien palais impérial.
A Pékin, la Cité Interdite est au centre aujourd’hui, mais à l’époque des Liao, quand Pékin s’appelait Nanjing, ou Yanjing, le palais impérial était au sud ouest de l’enceinte. A l’époque des Yuan (les Mongols), quand Pékin s’appelait Khanbalik, ou Dadu, il était au sud. Sous les Ming, il était au centre, mais, à la faveur de la construction d’une « ville chinoise » au sud, il se retrouva au nord de l’ensemble de la ville sous les Qing.
Voyez : on a agrandi la ville, au XVIème siècle, uniquement au sud, non tout autour, preuve que le fait d’être au centre de l’espace n’est pas vu, en Chine, comme un avantage.