Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Souvent, des jeunes viennent me voir avec des chapitres de livres français photocopiés et me posent des questions de grammaire, de vocabulaire, de compréhension générale. Si je ne les arrête pas, ils peuvent me faire travailler des heures entières. Ils font une traduction. C’est-à-dire qu'un traducteur, ayant un contrat avec une maison d’édition, divise le travail en plusieurs chapitres et leur en donne à traduire. Les jeunes ne lisent pas le livre en entier et, parfois, ne connaissent pas le nom de l’auteur. Ils ne s’en soucient guère, d’ailleurs. Le traducteur récupérera les différents chapitres et fera un rapide travail de collage et d’harmonisation de style.
Je ne peux pas lire le chinois, donc je ne peux pas dire de mal, mais je prends la liberté de suspendre mon jugement sur la qualité des traductions, lorsqu’elles sont faites en grande partie par des étudiants qui n’ont pas un niveau de français suffisant pour comprendre, même globalement, des séquences entières d’une réflexion, dans un livre théorique.
Dans le Cahier de L’Herne consacré à Rimbaud, Jeanne Bem analyse la traduction en Tchèque du poème Angoisse qu’avait réalisé Nezval dans les années trente. Elle montre simplement comment les approximations de traductions peuvent mener à une compréhension inversée du texte original. Que ne donnerais-je pas pour des études similaires sur nos classiques traduits en chinois ?