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Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.

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Les langues étrangères (2)

Les gens qui parlent plusieurs langues, ça impressionne, vous avez remarqué ? Vous entendez quelqu’un passer de l’anglais au russe, du russe à l’espagnol, et vous vous pâmez. La phrase qui m’étonne le plus dans ces moments-là, c’est : « Comme il est intelligent ! » C’est là un malentendu dont j’ai du mal à évaluer la bêtise, à repérer les origines et à prévoir les conséquences. Pourquoi associer l’intelligence aux langues étrangères ? Si quelqu’un ne dit rien d’intelligent dans sa langue natale, pourquoi supposer qu’il est intelligent sous prétexte qu’il dit les mêmes inepties dans d’autres langues ?

Sigismond, de ce point de vue, fait preuve d’une plus grande lucidité que le commun des mortels. Il m’a dit un jour qu’il apprenait des langues étrangères pour occulter le fait qu’il avait des difficultés de communication en français. Il multiplie les idiomes de sa vie car ce qu’il a sur le cœur lui échappe. Il parle chinois pour s’éviter la corvée de parler français, comme Jean Valgent  qui, dans Les Misérables, « souriait pour ne pas parler, et donnait pour ne pas sourire ».

Alors, moi, pour cacher ma paresse et ma honte, je dis crânement : « Parler chinois, je veux bien, mais pour dire quoi ? »

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B
Ce qui permet d'associer l'intelligence à la maîtrise des langues étrangéres, c'est qu'elle permet de mesurer les clichés d'une langue et d'une culture maternelle. De ce point de vue, le dit de tianyi, c'est tout le contraire: quand les héros traversent la campagne chinoise, ils rencontrent des paysans hospitaliers, des brigands, et même un ermite taoiste: on aurait pu rajouter d'autres chinoiseries, mais ça aurait été surchargé.<br /> Mais il y a plus: lorsque le héros est déporté dans un camp, il souffre un peu de la faim, du froid, de la méchanceté des militaires, bien sûr, mais il retrouve vite sa dignité grâce à quelques livres qu'on lui fait parvenir clandestinement, dont Resurrection, de Tolstoi: bien sûr, la culture sauve l'homme de la barbarie totalitaire, les pauvres types qui ont perdu toute dignité dans les camps, ce n'est pas de leur faute, ils n'étaient pas trés cultivés. En français, on appelle ça de la bêtise.<br /> Cheng a peut être formaté son livre pour le public français, en y mettant tout ce qu'il a pu de clichés et de bons sentiments. Et ça a marché: il devient une image du triomphe à l'étranger. Mais pour moi, la culture chinoise, c'est autre chose, et d'abord l'absence de clichés et de bons sentiments. Mais je peux me tromper.
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D
Justement c’est le dit de Tianyi qui lui fait beaucoup résonner à l’intérieur de<br /> la Chine<br /> , je trouve ça assez ironique car lui qui est accepté à l’Académie française, avec les efforts de la presse, est devenu un peu l’image du triomphe dans la conquête des Chinois à l’étranger. Je n’ai pas eu la version française et j’ai lu en chinois. Je sais pas si l’ambiance de la campagne chinoise est considérée comme l’exotisme pour les lecteurs français, mais comme dans l’histoire de « Balzac et le petit tailleur », il y a surment certaine complaisance à la réception française. D’ailleurs je peux pas donner des commentaires sur sa langue romanesque française, mais j’en doute car je trouve un peu l’écriture en françai des autres écrivains chinois qui écrivent en français. Et l’impression des Français ?<br />  <br /> <br /> Par contre j’ai lu une partie de ses analyses de la poésie, j’ai beaucoup aimé. Et je trouve sa traduction des poèmes des Tang meilleur que les Français. Il faut montrer à la fois la poétique et le sens. C’est vraiment pas évident.<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> D’accord avec Yann . Les gens s’affolent dans l’océan de l’info et se précipitent dans l’inertie du progrès. C’est pour ça que j’hésite un peu de faire l’info-com, à la sortie de laquelle je risque d’embêter les autres ou d’être embêtée (au moins c’est le cas ici)<br />  <br />
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Y
« Parler chinois, je veux bien, mais pour dire quoi ? »  J'aime bien ca, a quoi je pourrais rajouter "les emails, les SMS, MSN, d'accord mais pour ecrire quoi?" "Les nouveaux journaux, la presse gratuite d'accord, mais pour y lire quoi de different ?" Les gens veulent des outils de communications, ils voient du progres dans les medias mais ils ne s'interessent apparemment pas au contenu de ce qui est vehicule. <br /> Ton ami Sigismond est plus honnete et me fait penser a un anti heros d'un roman moderne. Il apprend les langues parce qu'il ne sait pas quoi dire, ou ne sait pas commendt le dire. Comme un photographe qui collectionnerait les appareils pour toujours rater le cadrage simple et efficace d'une photo emouvante.
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B
Pas du tout trop écrit, chère Delphine, bien au contraire. A quel livre de François Cheng penses-tu? Moi, j'ai lu un livre de lui, me semble-t-il, qui ne m'a pas bien emballé, le dit de Tianyi,mais ce n'est peut-être pas le meilleur? 
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D
« Intelligent ! », cela est devenu une réponse instinctive. Juste comme « Les Français sont romantiques, les Chinoises sont petites », etc. Malentendu, exact, on vit dans un monde de malentendu. Même dans la même langue. « Une fois parler, le malentendu. »<br />  <br /> <br /> Personnellement, l’apprentissage d’une langue, c’est plutôt celui de civilisation et de la culture. Derrière la langue il y a une autre visitions du monde. C’est ça qui intéresse, et c’est pourquoi j’ai éprouvé pendant un temps un mépris pour l’anglais(ou plutôt l’américaine). Une langue sans histoire. Quand une langue devient seul un outil de communication, ce serait tragique. Pareil pour les bi/pluri-lingues. On sait parler le français, on ne le « comprend » pas, pour moi c’est rien. Il y en a qui apprend une langue étrangère, parce que « Nous avons besoin des Xxphones !», parce qu’il y a l’intérêt. En Chine comme en France.<br />  <br /> <br /> Il est vrai que depuis long, je trouve paradoxal le statut d’un bilingue. Je connais déjà pas grand chose dans la civilisation classique de<br /> la Chine<br /> , je veux encore appréhender celle de<br /> <br /> la France.<br /> Conclusion<br /> , pour une véritable compréhension des deux, (la comparaison littéraire ou quoi), il faut des décennies. Il faut peut être intégrer profondément la vie de l’autre langue. François CHENG, est l’un des rares personnes que je crois arriver à ce niveau, cette compréhension.<br />  <br /> <br /> C’est pour ça que pour un instant, je trouve mon identité un peu « drame », et de certaine façon, c’est une perte d’identité. Cependant, une chose intéressante : c’est l’apprentissage de français qui a suscité en moi une envie plus forte que jamais de bien comprendre la tradition chinoise.Cela se renforce avec du temps et, si tu veux, ça fait parti de la fierté d’une telle civilisation millénaire.<br /> <br /> (Pardon peut-être trop écrit:P)<br />
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