Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Les guides touristiques ne parlent pas de Mao Shan. Mon ami Benoît fut le premier à évoquer ce haut lieu du taoïsme, sur ce blog. Je lui proposais de venir illico à Nankin pour organiser le voyage mais il a tardé à prendre une décision, tout occupé qu’il est par des tâches lucratives et familiales. Sa femme Agathe a aussi remercié, puis décliné l’invitation, on ne peut être plus clair. Alors j’y suis allé, à bicyclette, moins par intérêt pour le taoïsme que pour explorer la campagne du Jiangsu, et pour dire à Ben à quoi cela ressemble.
Mes recherches sur internet ne m’ont pas permis de situer précisément le site, ni de savoir si un bus pouvait m’y conduire. C’est donc à l’aventure que Serge et moi partîmes sur les routes du sud, munis de cartes du Jiangsu et de cartes de la Chine. Non, nous n’avons pas apporté d’atlas mondial.) Serge et moi combinons deux compétences fondamentales et complémentaires. Il lit le chinois, j’ai le sens des randonnées pédestres et vélocipèdes. Il possède la science des signes, moi celle des distances. Il s’intéresse aux langages, moi aux paysages. Cela dit sans forfanterie, car il se goure parfois, et je m’égare assez souvent.
Je tiens à dire tout de suite que les nécessiteux et les paresseux peuvent se rendre à Mao Shan sans louer une voiture ni forcer sur la pédale. Il suffit de prendre un bus de Nankin jusqu’à Jurong, et de là prendre le mini bus pour Mao shan. C’est un jeu d’enfant qui, pour les moins débrouillards et les moins doués en chinois, ne devrait prendre que quatre à cinq heures en tout, de porte à porte.
Nous mîmes sept heures pour atteindre le village de Mao Shan, sept heures pendant lesquelles la chaîne de mon vélo cassa. Serge me tracta sur deux kilomètres, le temps de trouver un réparateur, dans un petit village à l’écart où nous étions l’attraction. Il aurait suffi que nous restions quelques jours là-bas pour qu’on y ouvre des établissements à nos noms. Ils nous prenaient pour des Américains. Les enfants venaient nous voir, nous regardaient manger avec un sérieux tout scolaire. Observez bien les Américains, les enfants, et dites-leur « Rhallo ! »
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Sept heures pendant lesquelles nous visitâmes des serres à fraises, où le producteur vendeur était justement fier de ses succulents fruits rouges et blancs, car s’ils n’avaient pas la meilleure apparence pour des fraises, ils avaient un goût délicieux. Le soleil des mois de novembre, décembre et janvier, avait dû accélérer la pousse et le mûrissement des fruits qui, dans mon souvenir, apparaissent en mai juin en France. En fin d’après midi, vers quatre heures et demie, des paysannes recouvraient les serres intérieures de couvertures de joncs ou de bambous. Les fraises chinoises doivent avoir besoin de nuits noires et longues.
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