Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Je n’ai pas le droit de quitter la délégation. Je ne peux pas partir seul, les autorités sont responsables pour ma sécurité, et on ne rigole pas avec la sécurité. On m’explique la situation d’une façon étrange : « On ne sait jamais, avec les étrangers, ils peuvent tomber dans le lac, se blesser ou se perdre ! » Je me sens devenir pâle. Veulent-ils me dire que je ne suis pas libre de mes mouvements ? Je n’ai pourtant pas l’intention d’espionner des entreprises frappées du secret d’état. Je veux seulement admirer, dans la solitude ou l’accompagnement minimum, ce qui fait l’intérêt de Yangzhou aux yeux du monde entier : ses canaux, son monastère, ses jardins, ses artistes d’autrefois…
Ceux qui me connaissent savent que j’ai un trop mauvais caractère pour faire ce qu’on me dit de faire. Je donne à mes gardes chiourme la carte de ma chambre d’hôtel, leur souhaite le bonjour et prends le taxi qui passe. Mon voisin mexicain leur expliquera que je ne me sentais pas bien et que je devais rentrer à Nankin le plus vite possible. Le lendemain, Lumière de l’Aube me téléphonera et me demandera si je vais mieux : « Le bureau des affaires étrangères m’a dit que tu avais eu la diarrhée. » Une invention du Mexicain, qui aurait pu tout aussi bien évoquer les hémorroïdes (que la nourriture de son pays provoque souvent, paraît-il.) Brave Mexicain ! Après m’avoir emmerdé, il m’a protégé et couvert.