Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Si j'étais linguiste, ou mieux, ethnologue linguiste, je me pencherais sur ce curieux phénomène culturel qu'expérimente tout voyageur en Chine. L'homme de la rue vous voit passer et dit : "Etranger!"
Parfois, ils pointent le doigt en votre direction en le disant. Son corps entier vous dit : "Toi, étranger."
Il n'entre aucune colère là-dedans, aucun racisme, pas vraiment de mépris ni d'admiration. D'abord c'est une réaction intérieure, qui ne s'adresse à personne, comme lorsqu'on se dit : "Tiens, un aveugle." Mais c'est aussi une façon de prévenir les copains, ou de souligner quelque chose de drôle que tout le monde peut voir en même temps que lui : "Eh les mecs, trop marrant l'étranger."
Mais il n'y a pas que cela. C'est proprement un événement énonciatif qu'il faut étudier. L'homme de la rue s'adresse aussi à vous. Il vous informe, au cas où vous ne le sauriez pas, que vous êtes étranger. Personnellement, je ne sais pas pourquoi l'homme de la rue agit ainsi. Il ne fait de mal à personne, mais il interpelle l'ethnologue, le linguiste qui sommeille en tout voyageur.