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Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.

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"Toi l'étranger"

Si j'étais linguiste, ou mieux, ethnologue linguiste, je me pencherais sur ce curieux phénomène culturel qu'expérimente tout voyageur en Chine. L'homme de la rue vous voit passer et dit : "Etranger!"

Parfois, ils pointent le doigt en votre direction en le disant. Son corps entier vous dit : "Toi, étranger."

Il n'entre aucune colère là-dedans, aucun racisme, pas vraiment de mépris ni d'admiration. D'abord c'est une réaction intérieure, qui ne s'adresse à personne, comme lorsqu'on se dit : "Tiens, un aveugle." Mais c'est aussi une façon de prévenir les copains, ou de souligner quelque chose de drôle que tout le monde peut voir en même temps que lui : "Eh les mecs, trop marrant l'étranger."

Mais il n'y a pas que cela. C'est proprement un événement énonciatif qu'il faut étudier. L'homme de la rue s'adresse aussi à vous. Il vous informe, au cas où vous ne le sauriez pas, que vous êtes étranger. Personnellement, je ne sais pas pourquoi l'homme de la rue agit ainsi. Il ne fait de mal à personne, mais il interpelle l'ethnologue, le linguiste qui sommeille en tout voyageur. 

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F
Mais oui , c'est incroyable cette coincidence ! <br /> En tout cas quelle chance tu as de pouvoir discuter philo comme ça pendant des heures (avec de charmantes et jolies chinoises apparement ! ) ! Tu as tout à fait raison pour ce qui est du questionnement sur la traduction bien enracinée dans la culture du dix neuvieme (evidemment , puisque c'est une interrogation qui est né avec et dans le romantisme allemand : Herder , Goethe , Novalis , Schleirmacher , Holderlin bien sur). En fait je tire la citation d'un livre important à mes yeux : "L'épreuve de l'étranger" d'Antoine Berman (à mon sens l'un des seul vrai penseur de la traduction actuellement). Je suis toujours un peu touché quand on parle de Schleirmacher et j' aime d'autant plus en parler que mon prof de Philo au lycée (Mr Berner) n'était (n'est , car il est toujours vivant et ça ne fait pas si longtemps finalement !) autre que son traducteur principal en France ! Sans lui  et sa rigueur qui n'avait rien de professoral , je n'aurai sans doute pas connu la joie et le plaisir de pouvoir disserter , échanger (meme via blog !) et dicuter philo , littérature , peinture , cinéma...
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G
Quelle coincidence, Francois! Cet extrait de Holderlin faisait justement partie de notre longue discussion avec Lumiere de l'Aube, que je raconte dans La traduction et l'etranger. Il etait publie en annexe du livre de Schleiermacher et nous en avons beaucoup parle, il nous a donne du fil a retordre. En effet, on en est arrive a se demander ce qui etait proprement nationel chez les Chinois, par opposition a la France, et nous n'avons pas trouve de reponse, car c'est tout de meme un questionnement bien enracine dans le dix-neuvieme siecle, je pense. 
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F
"Nous n'apprenons rien plus difficilement que le libre usage du nationel...Il ne nous est pas du tout permis d'avoir avec eux quelque chose d'identique....Mais ce qui est propre doit tout aussi bien être appris que ce qui est étranger...Seulement, nous ne pourrons pas les rejoindre précisément dans ce qui nous est propre , nationel , parce que , encore une fois , le libre usage de ce qui nous est propre est ce qu'il y'a de plus difficile."<br /> Holderlin , à propos de la civilisation grecque. Mais cela semble aussi convenir à ton rapport avec la Chine et cette sensation d'être toujours " "un étranger", un "lawai" depuis quelques temps. Bon courage quand même pour assouvir tout ton libre usage de ce qui t'es propre ! ( c'est presque du chinois une phrase  tournée comme ça non ?)    <br /> François<br />  
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