Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Il est une chose remarquable, quand on y réfléchit (mais toute chose n'est-elle pas remarquable quand on y réfléchit ?) c'est que tous les jeunes que l'on rencontre, les filles que l'on désire, les jeunes hommes avec qui on sympathise, nos collègues et nos serveurs sont des enfants uniques.
Ils n'ont jamais connu autour d'eux, n'ont joué qu'avec et n'ont aimé que des enfants uniques. Ils parleront pourtant de certaines personnes comme étant leur soeur ou leur frère : c'est une cousine, c'est un neveu. Ils achèteront un petit cadeau pour leur soeur : c'est une nièce. Les Français, dans leur précipitation analytique, en déduisent que cela exprime un manque. C'est oublier qu'ils appellent "mon oncle" un peu n'importe qui de l'âge de leur père. Leur père qui, lui, a des frères et des soeurs.
Non, il vaut mieux reconnaître que, comme Dieu dont ils se passent sans drame, les Chinois n'ont pas besoin de frères et soeurs. Les enfants uniques occidentaux disent souvent qu'ils en auraient voulu, mais c'est parce qu'ils sont des cas spéciaux et personne n'aime être différent pendant l'enfance. Petite Biche pleurait quand sa mère la menaçait de concevoir un petit frère. Ning Shu parle des enfants d'aujourd'hui comme de petits empereurs.
Ils admettent aisément qu'ils sont plus égoïstes que les autres, chose qui ne m'a pas frappé. Petite Biche dit qu'ils ont reçu trop d'amour de leurs parents, mais peut-on recevoir trop d'amour ?