Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Sur la terrasse du New Magazine, dans le quartier des universités, nous avons fait, Lumière de l’Aube et moi, une répétition de notre conférence à deux voix. Il a d’abord lu mes pages à haute voix en français. Ensuite nous avons « joué » la conférence, avec le ton et les gestes, avec la voix française et la traduction chinoise, avec mes improvisations imprévisibles, avec des impondérables d’ordres divers. Au chronomètre, nous fûmes un tout petit peu trop long. J’avais pour ambition de faire une performance percutante, qu’en moins d’une heure, l’auditeur n’ait pas le temps de s’ennuyer et qu’il ressorte sonné. Nous décidâmes d’écourter la fin et d’entrer plus rapidement dans le vif du sujet au début.
Lumière de l’Aube n’était pas complètement satisfait de sa traduction. « Je vais y travailler chez moi, ce soir, dit-il. Je vais essayer d’embellir la version chinoise, quitte à interpréter un peu le texte français. » J’étais sur le point de lui indiquer qu’il ne s’agissait pas tant d’ « embellir » que de maintenir le fragile équilibre entre vulgarisation et rigueur de la pensée. Je ne dis rien, il y a de nombreux moments dans la vie où il est bon de s’en remettre à autrui. Après tout, s’il transforme mes paroles en poème classique, pourquoi m’en plaindrais-je ?