Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Le temps qu'il fait à Nankin a quelque chose d'irréel. Quelques jours de pluie ininterrompue ont laissé place à une grisaille qui recouvre la ville. Un brouillard insinuant qui étouffe les corps. Dehors, les gens marchent et roulent au ralenti, le visage endormi. La climatisation omniprésente provoque des désagréments complémentaires : une fatigue des yeux, un mal de crâne, un énervement de l'épiderme. Ce n'est pas la chaleur qui est terrible, c'est la pesanteur, la moiteur. L'homme honnête a les plus grandes difficultés à vaincre un après midi. Entre seize et dix-sept heures, sa tête est tellement lourde que, s'il s'allonge, il retrouve des sensations de plaisir intense. Il se sent glisser dans le sommeil, mais un sommeil qui ne présage rien de bon. Il se réveillera encore plus fatigué, incapable de se réveiller pleinement jusqu'au couchage du soir.
Pour lutter contre ce bourdonnement des corps, nous faisons du sport dans des salles climatisées, des piscines, nous fuyons les lits aux heures critiques, nous partons nous cacher vers les montagnes du sud du pays. Celles du Yunnan et du Sichuan, où je vais demain en compagnie de Mimique, m'apporteront une occasion de respirer un peu.