Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Les parents de la petite amie de Serge partaient pour quelques jours. Ils venaient d’acheter un chiot. Elle demanda à mon ami si elle pouvait amener l’animal à son appartement. Je pensais qu’il allait me dire que la bête l’avait ennuyé profondément, l’avait perturbé dans son travail. Il s’attacha, au contraire, au chiot comme à un enfant. D’ailleurs, il dit que le chiot demandait autant d’attention qu’un bébé, que s’il s’absentait un instant, dans une pièce qui n’était réservée qu’aux êtres humains, la chambre à coucher par exemple, le chiot pleurait, geignait, si fort et si désespérément qu’il fallait être sans cœur pour ne pas se précipiter à son secours.
La vie de ce petit animal était simple et élémentaire. Il mangeait, puis jouait et dormait. Sitôt réveillé, il voulait manger et ainsi de suite. Serge jouait volontiers avec lui et, en règle générale, gardait le chien entre ses pieds déchaussés pendant les journées de lecture qui composaient ses vacances. Je les imagine, lui et sa jolie petite compagne, s’amuser et s’émerveiller de la vie trépidante du chiot. C’est une image de bonheur, à n’en point douter.
Le grand Serge n’est jamais aussi attachant que lorsqu’il confesse une faiblesse sentimentale. Il dit qu’il ne manque que la parole à cet animal, qu’il fut triste de devoir s’en séparer. Il l’aurait bien gardé quelques jours de plus.