Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Ma mère impressionne les jeunes Chinois, dans les rues. Elle part à l'aventure, toute seule, dans des dédales inextricables, se perd et retrouve son chemin en demandant aux étudiantes, en français, de l'aider, ce qu'elles font avec grâce. Elle n'attend aucun soutien pour réaliser des transactions banquaires et se débrouille pour se faire faire des massages de pieds dans des salons de quartier. Elle dit à la petite jeune qui lui triture la plante des pieds : "C'est dommage qu'on ne puisse pas communiquer." La petite ne comprenant pas, ma mère inventait des gestes : "Je dis : c'est dommage."
Quand on la dévisage, à la différence de bien des filles françaises, elle se sait objet de cuirosité et elle sourit. Partout, on la couve d'un regard de tendresse respectueuse. Quand elle me parle, les Chinoises nous regardent et, fascinées par sa voix, ses gestes ou ses manières, ne peuvent réprimer un grand sourire. C'est bien simple, elle est le meilleur compagnon de sortie pour draguer. Je m'arrange pour qu'on me voie à ses côtés, plein d'attention, histoire qu'on me prenne pour un bon fils. Ce n'est pas tous les jours qu'on peut marquer des points dans le coeur des plus belles filles du monde.