Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Les Chinoises citadines veulent avoir la peau blanche. Quand le voyageur s’éloigne de la ville pour se rendre dans une montagne hors des murs, il voit une population rurale qui a l’air d’être d’un autre pays. Les peaux sont plus sombres, les yeux plus petits, plus bridés. Petite Biche, qui faisait du vélo avec moi, ne m’avait jamais paru si blanche. Elle qui ne dormait pas la nuit et se réveillait en début d’après-midi, elle reproduisait les modèles des femmes aristocratiques des romans classiques : sous le signe de la lune et fuyant le soleil.
Des publicités télévisées font la promotion de crèmes miracle qui rendent la peau pareille à la porcelaine. L’une d’elle montre un masque jaune qui éclate en mille morceaux. Le jaune de la peau est une saleté, une seconde peau dont il faut se débarrasser pour trouver la pureté réelle logée sous ce déguisement racial.
Les Chinoises ne veulent pas ressembler aux femmes occidentales, elles veulent échapper à la race, à la saleté de la race, à la couleur. Elles aiment le visage lisse, plastique, blanc, sans forme, sans ride, sans expression. Le visage pur.