Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Un beau jour, Petite Biche me dit : « Tu crois avoir de très beaux yeux, n’est-ce pas ? »
C’est le genre de question qui vous interdit. Vous ne savez que répondre, vous êtes pris sur le fait de votre stupéfaction, vous êtes interdit. Je lui dis d’abord « non », mais je bredouillais car, à y réfléchir, je pensais qu’ici, mes yeux pouvaient passer pour assez beau puisqu’ils étaient plus ou moins bleus. Mais là n’était pas la question, la question était pourquoi Petite Biche me demande ça, de but en blanc, alors que je suis en train de travailler (je commençais à en avoir assez d’elle, de ses allers et venues chez moi ; le matin même, elle avait apporté des cotons tiges et je craignais l’invasion. Déjà, je lui demandais de fumer sur la terrasse de l’appartement.)
« Parce que quand tu me regardes, tu ouvres grands les yeux, comme si tu voulais qu’on les admire. » Là non plus, je ne sus que répondre, je ne savais pas que j’écarquillais les yeux. Cela devait venir d’un besoin de faire entrer de la lumière.
Petite Biche me baisa le front et partit ranger ses affaires.