Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Min Fei revint deux jours à Nankin pour récupérer quelques affaires et dire au revoir à ses amis. Nous prîmes un déjeuner au New Magazine, sur une table du fond, où j’aime passer quelques heures, les après midi d’hiver.
Le repas fut très agréable, comme toujours avec Min Fei, mais, comme on pouvait s’y attendre, un peu poignant. Elle regrettait déjà un peu Nankin, les gens qu’elle quittait. Shanghai commençait déjà à lui faire un peu peur.
A ma surprise, elle n’avait rien perdu de son français, alors qu’elle n’avait pas pratiqué depuis plus d’un mois. Mon chinois non plus n’avait pas vraiment baissé, mais pouvait-il sincèrement tomber plus bas qu’il n’était déjà ?
Pour dire « chez moi », « la ville d’où je viens », « mon village », les Chinois disent Guo Jia , qu’ils traduisent souvent par « mon pays natal ». Min Fei me racontait ses vacances du nouvel an, passées dans sa famille. « Je mangé. Je dormi. Je ne fais rien à mon pays natal ».
Elle reprit son grand sujet de conversation : le mariage. Dans son pays natal, une femme se marie avant vingt cinq ans, et elle en a maintenant vingt six. Son attirance pour les étrangers est peut-être enracinée dans l’idée qu’à présent, il n’y a guère plus qu’eux qui pourraient faire d’elle une femme honnête.