Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
J’aurais pu visiter une ou deux îles, encore, mais c’est la ville qui m’attirait, désormais. La grande ville polluée et active. Du mouvement humain et plus de cette mer étale. Je pris un car pour la frontière thaïlandaise, puis un autre car, et un autre pour Bangkok. Je trouvais un logement dans une guesthouse de la rue Khao Sarn, la rue des routards et des étrangers en défilé de mode altermondialiste.
Au retour de ma promenade nocturne, une jolie prostituée m’aborda avec un sourire crispé : « Fucking, fucking » me dit-elle, en prenant mon bras et en posant ma main sur sa hanche. « Fucking », c’était le seul mot qu’elle connaissait dans ma langue. Je lui expliquai que j’étais vieux jeu, moi, vieille France et limite vieux con, que je n’étais pas très habitué qu’on m’accroche dans la rue sans autre forme de procès, qu’il me fallait des égards, une ambiance, un contexte narratif, en quelque sorte. Elle s’en foutait complètement, bien entendu, et me tirait à elle, en me montrant du doigt un endroit où elle désirait que nous allions.
On m’avait conseillé d’aller dans le quartier chaud de Bangkok, que c’était drôle comme tout. Je l’aurais peut-être fait avec des copains, mais, seul, je n’en avais pas l’énergie. A la place, je visitai le Palais royal et le musée national. Je fis aussi un saut à Chinatown et je me déplaçai en bateau.