Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Dans un guide touristique américain, le quartier autour de la rue Khao Sarn est appelé le « ghetto des étrangers ». Ce mot n’est pas connoté négativement par l’auteur. C’est une des différences entre les européens continentaux et les anglo-saxons. Ces derniers sont si attachés à l’idée de communauté que ça leur est naturel qu’on se regroupe en ghettos. Les Chinois ont Chinatown, les touristes ont Khao Sarn. C’est plus facile pour les indigènes qui veulent rencontrer des étrangers.
Sur la terrasse d’O’Bangkok, une jeune Thaï vient en se trémoussant et s’assoit à une table. Elle regarde les hommes seuls et joue de sa chevelure. Elle va aux toilettes et y reste longtemps pour se contempler. Elle boit son coca et attend qu’on l’aborde. Elle a calculé ses chances avec rationalité. Elle est jolie, elle n’est pas d’ici (pas de notre communauté) et nous, en vacances, avons toute latitude pour parler avec des inconnues. Elle reste assez de temps pour montrer qu’elle est seule, et pour s’assurer qu’aucun homme ici présent ne se déplacera pour elle. Elle s’en va juste avant de perdre son temps.
Dans la rue, elle s’enfonce en maintenant une cadence et un chaloupement sur le point d’être maîtrisés.