Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Un petit problème de peau qui, après un mois de patience, ne s’est pas réglé tout seul, m’a conduit à l’hôpital. J’ai choisi celui de l’université, cela m’évitait de payer très cher. Il y a, à Nankin, un hôpital pour Occidentaux, mais la consultation coûte plus de cent dollars, ce que gagne la majorité des Chinois en un mois, et encore. Ce que je gagne, moi, en une semaine de travail. Mon hôpital, où personne ne parle anglais, m’a coûté vingt centimes d’euro pour la consultation et vingt centimes pour les médicaments.
A l’accueil, on me posa des questions que je ne compris pas. Je souris en dodelinant de la tête. On m’amena à un médecin, de mon âge à peu près, qui, courbé sur sa chaise, les lunettes baissées sur le nez, semblait extrêmement las de vivre. Il ne soupirait même plus, cependant qu’il questionnait son étudiant de patient.
Quand vint mon tour, il me montra la chaise et je m’assis. Je lui dis que mes jambes me grattaient. Comme il ne bougeait pas et qu’il me souriait vaguement, je résolus de lui montrer la chose. Il jeta à peine un œil dessus. « Hao ! » dit-il, et il écrivit sa consultation. Il était sûr de son fait, malgré sa profonde apathie. Il n’hésita pas à me prescrire une « triamcinolone acetonide acetate and miconazole nitrate and neomycin sulfate cream ». Franchement, il y a peu de chance que je ne guérisse pas avec cette armada de noms compliqués. Et je ne parle pas d’une deuxième crème entièrement écrite en caractères chinois.
Il se trouve qu’en plus de cela, l’effet placebo a un effet du tonnerre sur moi. On pourrait me soigner toute ma vie avec du sucre et de l’eau, du moment qu'on y met les formes. C’est ce qu’on a fait, du reste, lorsqu’on m’a fait prendre, jadis, des gélules d’homéopathie pour des lanternes. Et j’avais été parfaitement remis en forme.