Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Une belle employée de ma connaissance dispose, sur une étagère à sa droite, une image à l’érotisme bon enfant. Une femme, à demie nue, tourne le dos à un homme, torse nu, qui lui cache les seins de ses mains. La femme, une blonde, bascule la tête en arrière, le visage sans expression. Tous les deux portent un jeans. La main de la femme repose sur le pantalon, à côté du sexe si on regarde bien, mais sur le sexe si on regarde l’image en un coup d’œil.
La belle employée fait tomber, par mégarde, ses yeux sur l’image et cela l’émoustille. L’excitation produite est infime, c’est quasiment une surprise, un petit scandale de rien du tout auquel elle se permet de faire face. Juste une dose de sensualité qui s’immisce dans son univers de bureau, de papiers et d’ordinateur. C’est moins la sexualité, que ma belle employée recherche, qu’une titillation des sens pour éviter de déprimer.
Elle ne recherche pas le plaisir ; elle n’a jamais connu le plaisir, avec un homme réel. Elle ne touche plus son mari, qui est devenu « un bon ami ». Elle joue sur son désir, le nourrit d’un léger carburant pour rendre la journée moins terne.
D’autres boivent un verre d’alcool, d’autres prennent des euphorisants.
La belle employée est largement vue comme une femme superficielle, principalement intéressée par le shopping et les soins de son corps. L’image érotique, elle l’utilise comme un traitement personnel, un remède à la vie quotidienne.