Des mini reportages sur la vie et les gens de la "capitale du sud". En marges de l'actualité brûlante pour faire découvrir une Chine tantôt drôle, tantôt poignante.
Parfois, on aimerait écrire un livre pour attirer l’attention sur quelque chose que personne ne remarque. Les arbres, par exemple, j’ai déjà parlé des platanes et des pruniers, mais il en faudrait des litres d’encres. Il y aurait à dire sur les réactions des arbres, l’éclatement soudain des fleurs de pruniers au mois de mars, les cérémonies de ramassage de fruits du ginkgo, parler des feuilles du ginkgo.
Comme le ginkgo donne des fruits qu’une fois tous les trois ans, et que le fruit est très prisé pour ses vertus médicinales (ma mère dit que c’est bon pour la mémoire), il faut avoir de la chance pour assister à la cueillette. J’ai eu cette chance, à l’automne 2004, et ça mériterait quelques pages. Je pensais insérer d’autres histoires de ginkgo, comme celle qu’a écrite un de mes professeurs de philosophie, Germain Malbreil. Il avait une passion pour cet arbre, au point d’en planter un chez lui, dans les Corbières, et d’écrire un roman, L’arbre fille, dont le héros est un ginkgo qui se transforme en fille, ou l’inverse.
Un livre sur les arbres, voilà ce que je rêve de faire.
J’ai abandonné le projet assez vite, car tout ému par les plantes, je ne suis ni assez poète ni assez botaniste pour tenir la route assez longtemps. J’avais vainement cherché un plan, malgré tout, évidemment une arborescence.
J’ai arrêté parce que je ne me sentais pas assez sage. Pour écrire sur les arbres, je me sentais trop jeune, il me semblait qu’il était nécessaire d’avoir une longue expérience auprès, à les regarder, les toucher, il fallait peut-être se sentir un peu arbre soi-même.